Histoire, explications et autres

Être bon en aïkidō, possible… ?

Si l‘on pratique régulièrement l‘aïkidō, cest que, vraisemblablement, on souhaite saméliorer.

Mais s
agit-il de saméliorer tout court, ou bien de saméliorer dans cette pratique ?

Il me semble que la majorité des pratiquants songe à s‘améliorer tout court. Le postulat de base étant que l‘aïkid
ō est un art, martial ou non, à part. Et qu‘à ce titre, le simple fait d‘assister aux cours et de pratiquer les techniques de l‘aïkidō nous améliore en tant que personne.
Là où le bât blesse, c‘est qu‘il est peu probable de s‘améliorer selon un axe précis si on ne l‘a pas préalablement défini. Si l‘on souhaite s‘améliorer il faut précisément définir ce que l‘on souhaite améliorer et avec quels moyens. Idéalement, il faudrait même régulièrement vérifier la pertinence des moyens employés pour parvenir à l‘objectif.

Premier cas
Si par exemple, on décide qu‘un bon pratiquant d‘aïkid
ō est une personne qui vit heureuse et en harmonie avec son environnement, alors il nous faut pouvoir dire en quoi l‘aïkidō laide dans cette démarche. Il est invraisemblable de penser que cest parce quon effectue 50 fois Ikkyo deux fois par semaine que lon va devenir une meilleure version de soi. En revanche, on peut postuler quune pratique qui met un individu face à ses peurs et l‘aide à travailler dessus, puisse l‘améliorer.
Encore faut-il mettre en place des situations permettant de faire sortir telle ou telle peur et puis de réellement travailler dessus. Ce type de travail est très difficile à mettre en place dans de grands groupes de pratiquants, tels qu‘on les retrouve généralement en aïkid
ō
En outre, il n
écessite des compétences que ne possèdent pas la plupart des enseignants daïkidō. En effet, les formations dites certifiées Adeps ou autres, pour des raisons éminemment pratiques, mettent principalement l‘accent sur l‘aspect technico-pédagogique et non sur les éventuels aspects relationnels, émotionnels ou psychologiques de la pratique.
Pour cette raison, il me semble hasardeux d‘espérer devenir une meilleure version de soi, simplement en se rendant au dojo. Il serait plus judicieux de définir précisément ce que l‘on souhaite améliorer et utiliser le contexte fournit par l‘Aïkido pour s‘observer et se corriger patiemment.

Deuxième cas
Si au contraire, ou parallèlement, on souhaite devenir bon dans la pratique, il nous faut également clairement définir ce que cela signifie.
En effet, comme il n‘existe pas de compétition dans notre art, le plus haut niveau de pratique est l‘enseignement. Cela a pour effet de rendre flou la notion de performance technique et il devient difficile de se figurer ce qu‘est un bon pratiquant.
La manière dont est enseigné l‘aïkid
ō, sous forme de katas, ne permet pas réellement de prendre conscience du niveau de quelqu‘un. Encore plus lorsqu‘il s‘agit de l‘enseignant. Tout simplement parce que c‘est lui qui fixe le cadre dans lequel il agit, et qu‘il est toujours plus facile d‘être bon lorsqu‘on est jugé selon ses propres critères.

Ainsi, un professeur peut être un excellent pratiquant de kata, mais un bien piètre combattant. Avoir une belle technique ne garanti pas d‘être un bon combattant, cela dépend si l‘on pratique le kata d‘une manière qui le rende utilisable ou non en combat.

Ainsi, être bon en aïkid
ō peut signifier :
- faire de beaux mouvements (qui
   peuvent être inefficaces)

-
être puissant (capacité souvent    innée et pas nécessairement transférable dans un contexte armé)

- être capable de faire mal (capacité relative, puisque le seuil de la douleur est très variable chez chacun)

- être capable de réaliser une technique sur n‘importe qui (mais parfois dans un cadre loin du monde du combat)

- être capable de réaliser une technique quelle que soit la qualité de l‘attaque (au risque de se mettre à effectuer des techniques qui n‘ont aucun sens, puisque les attaques n‘en sont plus)

- être capable d‘effectuer une technique sans que Uke ne puisse la bloquer et bien qu‘il la connaisse d‘avance (ce qui n‘a aucun sens, puisqu‘en situation « réelle » on ne sait jamais d’avance la réaction qu’ara l’adversaire.

Finalemet, être ‘’bon en Aikido’’ n’est ce pas simplement se sentir serein et confiant durant notre propre pratique ?  A méditer….

 

La xénophobie en Aïkidō

L’Aïkido est une voie de développement de soi. Trop souvent pourtant, on y retrouve les travers qui gangrènent les autres pans de la société. Nous évoquons la xénophobie dans son sens littéral, le rejet de la différence.

Xénophobie est issu de deux racines grecques, xénos qui signifie étranger, et phobos, qui signifie peur, rejet.

L’exemple de Ueshiba Moriheï

Il est possible que le Fondateur, comme beaucoup d’hommes de son temps, ait établi une hiérarchie entre les peuples. Il déclarait ainsi en 1961 :
« Je suis venu à Hawaï afin d’établir un “pont d’argent”. Jusqu’à présent, je suis resté au Japon, construisant un “pont d’or” pour unifier le pays, mais désormais, je souhaite bâtir un pont pour unir les différents pays du monde à travers l’harmonie et l’amour que porte l’Aïkido. »

Toutefois il fit preuve tout au long de sa vie d’une grande tolérance envers les différentes interprétations de son art par ses élèves. Sans aucun doute pouvait-il avoir un avis tranché envers les choix de certains de ses disciples. Il désapprouva ainsi sans équivoque certaines orientations de Mochizuki Minoru, et il ne partageait certainement pas l’opinion de Tomiki Kenji sur la compétition. Mais jamais il n’ostracisa ces proches, ni Mochizuki à qui il avait demandé de lui succéder avant-guerre, ni Tomiki qui fut celui qui le suivit durant le plus grand nombre d’années. Il conserva au contraire de très bonnes relations avec eux, les visitant régulièrement, tandis que ceux-ci continuaient à enseigner à l’Aïkikaï. Une chose qui prit fin rapidement après sa mort…

Maître Ueshiba qui développa son art sur la base de plusieurs traditions martiales, et garda sa vie durant une ouverture envers les autres disciplines et adeptes, laissa ainsi toujours s’exprimer les différentes sensibilités qui ne pouvaient manquer de naître chez des pratiquants aux parcours, âges et personnalités si variés, issus des milieux intellectuels, ruraux et militaires.

Se questionner soi-même avant d’interroger l’autre

« Mais pourquoi faites-vous comme ça ? », « Quel maître enseigne cela ? », « D’où vient ce mouvement ? ». Autant de questions qui seront familières à celui qui est un jour sorti de sa zone de confort en allant pratiquer avec des adeptes d’un courant notablement différent du sien.
Des interrogations légitimes qui sont bienvenues lorsqu’elles sont la manifestation d’une curiosité doublée d’ouverture. Malheureusement elles sont trop souvent le reflet de rejets, craintes, et s’accompagnent de moues dédaigneuses, moqueuses, condescendantes. Particulièrement si vous êtes sur le « territoire » de l’autre.

Avant d’interroger qui que ce soit sur ses choix, interrogeons-nous sur ce que nous faisons. Cherchons à comprendre le fonctionnement de notre système technique, les conséquences des choix opérés par nos maîtres et enseignants. Étudions les origines de notre école. Non pas par la lecture superficielle de trois lignes, mais en nous penchant sur les personnalités, les cheminements, les contextes dans lesquels pratiquaient ceux qui nous ont précédés et transmis. Ce n’est qu’a partir de ce résultat de recherche, que nous pourrons entrevoir notre propre avenir dans la discipline.

 

Utiliser la force de l‘adversaire

« En aïkidō, on utilise la force de ladversaire » : cette expression, employée à outrance pour présenter notre discipline aux néophytes, est devenue galvaudée.
Si l
idée, derrière cette sentence, nest pas tout à fait fausse, il faut néanmoins préciser quelques éléments...


Qu‘est-ce que la force ?

Détaillons tout d‘abord la notion de force. S‘agit-il de force pure ? De force-endurance ? Ou d‘explosivité ?
La définition stricte de la force est : la capacité à effectuer un travail. Quelqu‘un qui soulève x kilos est fort pour soulever ces x kilos. Quelqu‘un qui soulève plus lourd est plus fort.
La puissance est la capacité à exercer de la force dans un laps de temps court. Quelqu‘un qui soulève aussi lourd qu‘un autre, mais plus rapidement est plus puissant.
Posséder une force-endurance plus élevée, c‘est soulever aussi lourd qu‘un autre, mais plus longtemps.

Cela est relativement simple à comprendre. En revanche, les choses se complexifient lorsque l‘on réalise que la force ne concerne pas uniquement le développement musculaire.
Pavel Tsatsouline, une référence mondiale concernant le développement de la force, le dit simplement : la force est une compétence. Compétence d‘aligner correctement ses segments pour transmettre correctement le travail des muscles, mais aussi compétence de contracter les muscles nécessaires au bon moment. Bien entendu cela n‘exclut pas le développement musculaire. Être fort cela s‘apprend et se cultive.


En Aïkid
ō
« Aligner ses segments, contracter ou relâcher ses muscles... » cela ressemble étrangement au travail que l‘on effectue lors d‘un cours d‘aïkidō Cela signifie-t-il que laïkidō vise à développer la force ?

Cela dépend de comment on pratique. Si votre Uke travaille de manière statique, en figeant sa position, en serrant fortement les poignets, en résistant à un mouvement dont il connaît la direction … Alors oui, le travail de Tori va consister à développer de la force pour surpasser cette contrainte.
Certes, il ne s‘agit pas du même type de force que celui développé dans les salles de musculation. Le travail est plus spécifique, mais il s‘agit tout de même d‘apprendre à aligner ses segments, à trouver à quel moment contracter ou relâcher tel ou tel muscle, etc. Et au final, lors de l‘apprentissage, le corps se renforce et se développe, au niveau des muscles, des tendons, du système nerveux.
C‘est un travail envisageable et l‘aïkid
ō est pratiqué ainsi dans beaucoup de Dōjōs.

La limite de cette approche est double. Premi
èrement, en abordant les choses uniquement par le biais de la force qu‘on appelle « ki » afin d‘éveiller un imaginaire, on ne peut pas vaincre plus fort que soi. Dans le cadre d‘un Dōjō cela nest pas trop gênant puisque le professeur qui propose ce genre de travail est souvent plus fort que ses élèves. Et s‘il arrive qu‘un élève soit plus fort que son professeur, il accepte généralement de laisser son enseignant réussir son mouvement car, après tout, c‘est le prof.

Donc le professeur qui propose ce genre de travail, « en force » (et cela peut être réalisé de manière fine), se retrouve rarement dans une situation au sein de laquelle il est mis en échec. Il a donc peu d‘occasion de percevoir les limites de son approche. Qui, encore une fois, même si elle reste théoriquement limitée, peut tout à fait fonctionner dans la majorité des cas.

La seconde limite, c‘est qu‘envisager le combat uniquement sous l‘angle de la force consiste à oublier un élément essentiel : le combat c‘est le mouvement ! Si le faible peut vaincre le fort, c‘est parce qu‘il compense largement par ailleurs … en bougeant intelligemment !
Comment bouger intelligemment ? En utilisant la force de l‘adversaire !
D‘où provient la force de l‘adversaire ? De son attaque. Comment une attaque est-elle forte ?
En étant rapide …
En physique, l‘énergie mécanique, celle produite par l‘attaque répond à la formule suivante :
Énergie mécanique = Énergie potentielle + Énergie cinétique = (masse x hauteur de chute x constante gravitationnelle g) + ½ masse x vitesse de frappe.

En d‘autres termes l‘énergie produite par l‘attaquant est liée à sa masse, à la hauteur de laquelle l‘attaque tombe et... à la vitesse.
La vitesse étant au carré, elle est un facteur prépondérant, par rapport à la masse. À masse égale, une vitesse légèrement supérieure produit beaucoup plus d‘énergie.
Que les choses soient claires : à vitesse équivalente, un bras plus lourd emmagasinera plus d‘énergie, c‘est évident. Mais la vitesse reste prépondérante.
N‘oublions pas par ailleurs que d‘autres facteurs, tels que la perception du rythme (Hyoshi) de l‘adversaire et des moments d‘ouverture (Suki) peuvent amoindrir le besoin d‘une frappe puissante.
Le coup le plus dangereux n‘étant pas le plus puissant, mais celui qu‘on n‘a pas vu venir.

La vitesse
Ainsi, la vitesse est un excellent moyen de produire une attaque puissante. Elle permet également de surprendre l‘adversaire. La dangerosité d‘une attaque est liée à sa vitesse, il est donc logique que ce facteur soit prépondérant dans le combat.
La vitesse signifie le mouvement. Et lorsque Uke produit un mouvement celui-ci peut être guidé, retourné, bref utilisé, par Tori. La sentence : « en aïkid
ō, on utilise la force de ladversaire » serait plus juste ainsi : « en aïkidō on utilise le mouvement du partenaire ».
 

 

Oui mais, toi tu as les années …

Plusieurs grands Maîtres, expliquaient qu’il fallait compter trois ans pour savoir se tenir debout, trois autres pour apprendre à mettre un coup de poing, et trois supplémentaires pour mettre un coup de pied. Evidemment ils n’évoquaient ici, que le temps nécessaire à une compétence correcte, et ne parlaient pas de maîtrise.
D’autres indiquent qu’il fallait trois ans pour savoir se tenir debout, trois autres pour apprendre à s’asseoir et se lever, puis trois autres pour marcher. Naturellement il s’agit ici du symbole que représentent trois ans au Japon, c’est à dire une longue durée.

Et on ne parle bien sûr pas de trois années à base de deux cours hebdomadaires d’une heure et demie, mais plutôt de trois heures de pratique quotidienne. Ce qui amène d’ailleurs au seuil tout aussi symbolique des 10 000 heures que l’on dit synonyme de maîtrise.
La base de la vie d’un expert en arts martiaux est son niveau de pratique. Prenons comme postulat que 10 000 heures permettent d’atteindre ce niveau, sans même nous attarder sur le fait qu’il faille pour que cette somme de pratique produise des résultats, qu’elle soit le fruit d’une pratique consciente et guidée par un adepte de haut niveau. Nous sommes déjà très loin des trois mois, un an, ou même trois ans d’étude, et parlons déjà d’une dizaine d’années d’entraînement en moyenne. Pour quelqu’un qui s’oriente vers ce chemin à 20 ou 25 ans, cela nous amène à 30, 35 ans…

Qu’est-ce que 10 ans de shugyo ? Le shugyo, entraînement austère du corps et de l’esprit du budoka, est synonymes de souffrances et d’épreuves. Des épreuves ponctuelles d’engagement physique intense naturellement, mais aussi, et c’est bien plus difficile, d’intensité faible mais constante. Comme continuer à s’entraîner malgré les périodes de stagnation, malgré les blessures, les évènements extérieurs, la lassitude, les critiques, les offres séduisantes de raccourcis, celles de carrières plus rémunératrices et moins fatigantes.

Le shugyo c’est s’entraîner aussi en sachant que dans la majorité des cas on ne deviendra pas un expert reconnu. Qu’au mieux nos efforts nous permettons de vivoter en donnant trente heures de cours hebdomadaires dans trois ou quatre structures différentes à un public qui attend toujours plus mais est prêt à toujours moins. Le shugyo c’est vivre jusqu’à 30, 35 ans de petits boulots aux salaires misérables avec un horizon bouché.

Il y a, naturellement, de “petits maîtres” qui vivent leur vie durant sur une poignée de “spécials” qu’ils ont développé durant les quelques années de jeunesse où ils se sont entraînés activement. Passés maîtres dans l’art de limiter la pratique à un cadre fermé et répétitif, ils savent mettre en scène leurs capacités limitées et entretenir l’illusion de la maîtrise. Une aptitude à mentir aux autres (et à soi-même ?) avec une constance et un aplomb qui ne cesseront jamais de m’étonner.
Pour ceux qui n’ont pas la faculté à tolérer cette médiocrité chez eux et qui veulent non pas être reconnus comme des experts, mais devenir de véritables adeptes, le savoir-faire demande un travail constant pour être entretenu. Comme chez les plus grands virtuoses qui travaillent quotidiennement leurs gammes. Un travail qui peut s’avérer usant si l’on considère qu’il est l’affaire… d’une vie.

 

 

La pratique à l’envers

L’autre jour je regardais une compilation vidéo de mini exploits réalisés par des quidams qui s’entraînent néanmoins beaucoup : sauts périlleux, démonstrations d’adresse et acrobaties en tous genres …
Rapidement j’ai songé que les capacités que l’on développe généralement en aïkid
ō sont ridicules face à un triple salto effectué du haut dun immeuble.

Puis j
ai pensé quau fond, on ne cherchait pas à réaliser dacrobaties en aïkidō et quon ne pouvait comparer ainsi les disciplines.

Mais quelque chose en moi sentait que cette dernière remarque n’était pas tout à fait exacte.
Alors j’ai songé qu’on était très mauvais en pédagogie : la plupart des acrobates semblent jeunes et l’on imagine qu’il ne leur a fallu que quelques années pour atteindre un niveau plus qu’honorable, là où une majorité d’aïkid
ōkas mettent quelques décennies à être capable de « produire un résultat acceptable dun point de vue technique ».

Et puis je me suis dit qu
en aïkidō c’était différent : nous pratiquons lart martial ultime. Il nous faut savoir mettre l’orteil et le petit doigt exactement là où les plaçaient Ōsenseï
Et puis je me suis aussi dit qu
il fallait que jarrête de me raconter des histoires

À temps de pratique équivalent, si les aïkidōkas sont moins bons dans leur discipline que ne le sont d’autres pratiquants dans la leur, c’est que la pédagogie qui est censée les former est mauvaise ou, a minima, inadaptée.
Il est vraisemblable qu’originellement les gens se battaient « instinctivement » et en déduisaient ensuite certaines techniques fonctionnelles. Techniques qu’ils peaufinaient avant de se battre à nouveau pour les peaufiner encore. Ils créaient donc ainsi un cercle pragmatique, vertueux où les hypothèses quant à ce qui fonctionne en combat est continuellement réévalué et testé.

De nos jours, il n’est pas vraiment possible d’enseigner ainsi et demander aux élèves potentiels d’aller d’abord de se battre pourrait clairement s’avérer dangereux pour eux. Dans les faits, pédagogiquement, c’est l’inverse qui est employé puisque l’on commence par enseigner des techniques. Mais celles-ci sont régulièrement extraites de leur contexte et présentées comme un but en elles-mêmes, alors qu’elles n’étaient à l’origine qu’un moyen. Ne connaître ni l’objectif de quelque chose que l’on apprend, ni le contexte l’entourant, risque très fortement d’entraver la progression.

Il serait donc plus que judicieux d’inclure des situations semi-ouvertes pendant la période de formation afin de créer de l’incertitude et ainsi de stimuler l’élève pour qu’il agisse au mieux.
Par exemple sur deux attaques connues, mais effectuées aléatoirement, il faudrait réaliser une technique déterminée (pour travailler sur sa capacité à gérer l’incertitude). Il existe énormément de possibilités pour moduler l’entraînement et le rendre plus «excitant » (mais aussi plus profitable) que lorsqu’on répète pour la énième fois la même technique déjà connue, avec les mêmes partenaires pour lesquels l’effet de surprise, même relatif, a disparu…

Il est nécessaire de créer une situation avec un problème à résoudre. Déjà parce que c’est ainsi que l’on progresse, mais aussi parce que sinon le cerveau humain, qui n’aime pas s’ennuyer, va créer lui-même, sournoisement, les conditions pour avoir un problème à résoudre. Par exemple l’attaquant se permettra de bloquer le mouvement quand dans « la vraie vie » il aurait alors sûrement reçu une frappe, ou il attaquera d’une manière qui rend la technique étudiée absurde, etc. Lorsque l’environnement est ennuyant, celui-ci est modifié. Et si l’on modifie le contexte martial en le transformant en « lutte-larvée-je-te-bloque », très vite, on ne progresse plus.

Il me semble donc urgent de faire évoluer les modes d’entraînements habituels, qui pour la plupart, tournent autour de la répétition technique. Il faut réfléchir plus et créer des situations stimulantes, variées, enrichissantes... Comme le font déjà la plupart des autres disciplines de combat …

 

Aïkidō, donner moins pour faire progresser plus

L’incroyable richesse du catalogue technique de l’Aïki
Il y a 856 techniques en Daïto ryu. Ou 2884. Ou…
Et en Aïkido ? Si l’on compte les formes omote, ura, les variations… un peu moins. Mais beaucoup quand même. Oui le chemin est long. Mais si on s’applique bien. Et que l’on a réussi à collectionner toutes ces formes. On n’est généralement pas plus avancé ! On se retrouve même souvent prisonnier d’un catalogue de techniques rigides, caricaturales et vides de sens.

Le temps précieux
L’existence d’un homme n’est pas même une étincelle. A peine a-t-elle commencée qu’elle est déjà terminée. Et des générations de nos semblables se sont questionnés sur le sens à donner à ces instants fugaces sans parvenir au moindre consensus. La majorité d’entre nous s’accorde toutefois à trouver que sa vie a de la valeur, et que le temps est précieux. Sans présumer de la justesse de ces opinions, je crois que tout enseignant doit s’appliquer à respecter les sentiments des élèves qui le suivent.
A titre personnel je m’efforce de ne jamais oublier que les pratiquants qui me font face auraient pu investir leur temps, leur argent et leur énergie ailleurs. Qu’ils me font confiance pour les aider à obtenir le plus rapidement et efficacement possible, des résultats concrets dans leur pratique.

Quels buts ?
Je considère l’Aïkido comme une Voie permettant à chacun de développer son potentiel dans les domaines physiques, mentaux et spirituels. Cela se traduit notamment par le fait de surmonter ses peurs et comprendre son propre fonctionnement à tous les niveaux d’être. Mais cela passe aussi par des objectifs à courts et moyens termes.
A ce titre, la ceinture noire ou tout autre grade peuvent être des objectifs intermédiaires tout à fait légitimes. S’ils ne récompensent pas le temps qui sépare l’élève de ses débuts, son investissement financier ou ses qualités de courtisan, mais bien des qualités concrètes et objectives. Et ces objectifs sont autant d’outils qui, bien utilisés, permettent d’évaluer son cheminement

Mieux et plus vite
Nous tentons constamment de créer les conditions pour que les pratiquants puissent développer plus rapidement leurs qualités et capacités. Non pas en rendant les choses plus faciles, mais la formation plus efficace. Nous attendons un engagement important de leur part, nous devons donc en contrepartie faire en sorte que chaque effort amène le maximum de résultat. Ainsi nous ne cherchons pas à rendre les choses plus faciles, mais plus efficaces.
Comment cela se passe-t-il concrètement ? Sans entrer dans les détails techniques, voici les grandes lignes du processus.

Elaguer
Tout d’abord le programme officiel est restreint mais aucunement limitatif, il a vocation à être la base commune de l’enseignement, et donc à être connu par l’ensemble des enseignants

Ensuite la liste restreinte de techniques forme le cursus que doivent connaître les pratiquants. cette liste restreinte pour les pratiquants, leur donne TOUS les éléments leur permettant d’atteindre le plus haut niveau.

Enseigner moins de techniques
Alors que je mettais un point d’honneur dans mes premières années d’enseignement à balayer l’ensemble du répertoire sur une saison, c’est aujourd’hui un choix délibéré de concentrer les cours sur une poignée de techniques. Naturellement, je peux me permettre d’agir ainsi car j’ai de nombreux anciens parmi mes élèves qui, lors des entraînements libres, ainsi qu’avant ou après les cours, sont capables de transmettre l’intégralité. Un enseignant ayant essentiellement des débutants devra s’astreindre à être plus exhaustif pour le bien de ses élèves.

L’avantage de travailler un nombre restreint de techniques est multiple. Tout d’abord les pratiquants développent des automatismes. Les gestes sont imprimés plus profondément dans leur corps, et peuvent être réalisés avec plus de précision.
Les techniques sont en outre accessibles plus rapidement, car après avoir balayé le superflu, le pratiquant dispose d’un catalogue plus succinct. L’éventail plus restreint permet un “choix” plus rapide (à noter que ce processus de choix est inconscient dans la très large majorité des cas).
Un nombre de mouvements plus réduit permet par ailleurs de travailler les principes plus profondément. Sans perdre de temps à intégrer des détails fastidieux et sans grand intérêt.
Enfin, la quantité retreinte de techniques laisse plus de place au développement de variations personnelles, et au travail d’adaptation. Chaque pratiquant contribue ainsi à la vie et l’évolution de la discipline en s’appropriant ses principes et techniques.

Gain de temps
Loin de moi l’idée de vouloir céder au plus grand, plus vite et plus fort. La virtuosité martiale nécessite un temps incompressible lié aux possibilités d’intégration et d’évolution techniques, physiques et mentales

 

Enseigner vraiment, pour se laisser enseigner

Les pratiques martiales sont auréolées du mythe du maître, à la fois guerrier et sage. Ueshiba Morihei semblait en être l’incarnation même et l’on peut supposer qu’une partie du succès de sa discipline est lié à cela. Par voie de conséquence, une partie des pratiquants est à la recherche d’un professeur incarnant des qualités de maîtrise, de sagesse, voire d’omniscience ou d’omnipotence. La demande étant là, l’offre s’est déclinée et une partie des enseignants joue ce petit jeu et certains se font maîtres.

Il est évident qu’une partie des maîtres  actuels, en Belgique ou à l’étranger, ont suffisamment investi la discipline, ont suffisamment travaillé, ont suffisamment sué, pleuré ou saigné, pour enseigner avec profondeur et sincérité. Ceux-là sont de véritables guides et sont souvent les plus humbles.

Il est également évident qu’une autre partie des enseignants joue à se faire passer pour des maîtres. Ceux-là ont certainement beaucoup travaillé aussi, mais n’ayant peut-être pas couvert le sujet exhaustivement, ou ayant abandonné l’idée de toute mise à jour, ils comblent leurs manques artificiellement. Cela peut s’exprimer par un discours très assertif ou par un maquillage verbal de la réalité.
On peut bien sûr apprendre de tels professeurs. Toutefois, nos progrès seront toujours limités, pour la simple raison qu’ils brouillent notre rapport au réel afin de donner l’illusion de la maîtrise.
Cela peut s’exprimer par l’emploi de mots ne correspondant pas à la réalité de la situation. Par exemple en parlant de relâchement alors qu’il n’y a que contraction musculaire. Ou bien en altérant notre capacité de jugement, par exemple en donnant l’impression qu’un mouvement a été réussi alors que celui-ci est raté.
Le contact avec la réalité est un feed-back indispensable pour progresser. Ainsi, de tels professeurs limitent notre champ des possibles en modifiant notre capacité à juger du réel. Ils manquent de sincérité, ou de clairvoyance à leur égard, et ainsi nous font manquer de clairvoyance à notre égard. Ne nous méprenons pas, je ne jette la pierre à personne : la tâche est ardue. Mais l’enjeu est de taille ! Si de futurs adeptes viennent en confiance s’investir dans une discipline afin de changer quelque chose dans leur vie, il est intolérable de leur mentir et de leur faire perdre leur précieux temps.

Cela m’amène donc à la troisième et dernière catégorie d’enseignants. Il s’agit de ceux qui ne sont pas maîtres au sens de maîtrise, mais maîtres au sens de senseï : ils étaient juste là avant. Ils ne sont arrivé nulle part, ils continuent à avancer et à chercher. Ils peuvent juste donner des conseils sur ce qu’ils pensent qu’il faut faire. Ils ne peuvent pas dire ce qu’il faut faire, car ils n’en sont pas certains.
Être à leur contact est bien moins émerveillant qu’être au contact de vrais maîtres impressionnants ou de petits maîtres galvanisants, mais c’est aussi plus stimulant. Leur quête de réponses vraies peut raisonner avec notre quête et nous aider à mieux entrer en relation avec le réel. Ils expérimentent, ils cherchent, testent et parfois font appel à l’avis de leurs élèves. En cela ils enseignent quelque chose de fondamental : aucun individu n’est au-dessus d’un autre Ils laissent également leurs élèves expérimenter et chercher leurs réponses. En cela ils enseignent autre chose de précieux : chacun est responsable de son chemin.

Étant donné que peu d’individus peuvent investir la pratique de manière à devenir un « grand maître », il serait beau que la majorité des professeurs fasse partie de cette dernière catégorie.
Certes, il n’y a rien à gagner à être ce type d’enseignant : pas de flatterie de la part des élèves, pas de déférence, pas de sentiment de puissance...
En revanche, la multiplicité des types de relations que l’on peut entretenir avec ses élèves est un grand cadeau. Accepter que l’on n’est pas tout le temps le chef permet de recevoir l’enseignement des autres également. Ainsi, certains élèves vont nous stimuler car on perçoit qu’ils progressent vite et qu’il nous faut progresser également pour pouvoir continuer à leur enseigner. D’autres nous émeuvent par leur persévérance, ou leur authenticité. D’autres encore nous agacent par ce que nous prenons pour un manque de respect et ainsi nous font également progresser intérieurement. On devient amis avec certains, on peut en côtoyer d’autres pendant des années sans aucunes affinités, on peut en détester d’autres encore au point de devoir leur demander de partir du dojo... Mais peu importe. Les élèves nous enseignent. Parfois ils nous aident à corriger notre technique, mais bien souvent ils nous aident simplement à devenir de meilleurs êtres humains. Et ça n’a pas de prix. Enseigner vraiment, c’est se laisser enseigner aussi …

 

Aïkidō, ou lillusion de maîtriser un adversaire sans le blesser

“Aïki to wa Aï nari”, l’Aïki est amour disait le Fondateur de l’Aïkidō. Et il est indéniable que lidéal de compassion de lAïkidō est une de ses caractéristiques fondamentales. Cela signifie-t-il pour autant que les techniques de l’Aïkidō sont destinées à maîtriser un adversaire sans le blesser ?
Un débat récurrent anime les dojos d’Aïkido. Doit-on désigner l’attaquant qui recevra la technique par les termes uke ou aïte ? La distinction est subtile, et je peux comprendre que l’on s’intéresse aux ramifications de ce choix. Mais
Ōsenseï que lon invoque à corps et à cris utilisait le mot … teki, ENNEMI !

Un terme que l’on retrouve dans les éditions originales des livres dont il est l’auteur, Budo et Budo renshu

Ueshiba Moriheï a connu la guerre. Il a entraîné des espions et la terrible Kempeïtaï, la police militaire et secrète impériale. Aussi élevés qu’aient été ses idéaux, il n’aurait jamais illusionné des élèves dont la survie pouvait dépendre de leur habileté et attitude face au danger. C’est pourquoi si son idéal de paix était que l’Aïkidō ne serve jamais, son enseignement technique constant dans le temps, était basé sur les notions d’irimi et atémi.

L’Aïkidō nest pas fait pour détruire
“Ueshiba Moriheï a évolué, transformant son Aïkido en art de paix après la guerre. Il a modifié les techniques dures et violentes de l’Aïkijutsu en mouvements souples permettant de contrôler un adversaire sans le blesser.” Vraiment ? Comme la symbolique du hakama et l’idée qu’il servait à cacher les mouvements de pieds, cette affirmation n’est rien d’autres qu’une légende urbaine sans fondements.
L’Aïkijutsu serait dur et violent ? Il s’agit en réalité du plus haut niveau du Daïto ryu, école à l’origine de l’Aïkid
ō. Un niveau où ladepte a atteint le plus grand relâchement. Les modifications techniques avant et après-guerre ? Totalement anecdotiques. Une vidéo intitulée A Comparison of Pre-War and Post-War Aikidō présente en parallèle photos et vidéos d’avant et après-guerre, permettant de constater sans l’ombre d’un doute que Ueshiba Moriheï réalisait les techniques de la même façon. Que ce qu’il pratiquait après-guerre était la même chose qu’il avait enseigné aux forces armées durant le conflit. Mochizuki Hiroo racontait d’ailleurs qu’Ōsenseï lavait plusieurs fois séché” par un atémi dans les années 50 alors quil était adolescent !
Les disciples de Ueshiba Morihe
ï saccordent à dire quŌsenseï répétait toujours L’Aïkidō est irimi et atémi. Irimi, rentrer dans/avec, soit, accompagner.

 

Ils ne viennent plus ?

Quel adepte ne s’est jamais posé la question d’arrêter la pratique?
Les causes d’une telle décision peuvent être multiples. Les plus apparentes résident généralement dans les empêchements matériels. S’il peuvent être bien réels, ils sont parfois l’excuse derrière laquelle on se cache, pour ne pas regarder en face la véritable raison de notre souhait d’arrêter.
On ne commence généralement pas la pratique en se fixant une date butoir, à partir de laquelle on arrêterait. Si l’on s’arrête de pratiquer, cela signifie donc que quelque chose d’imprévu s’est produit entre-temps …


L’Aïkido étant un outil, il doit servir un but. Si ce but n’est pas défini à un moment donné, l’outil peut finir par lasser son utilisateur.
Ainsi, la pratique peut fasciner dès le début. Les mouvements sont complexes et beaux. Le décorum est original et empreint de solennité. Le professeur est extraordinaire. Les camarades joyeux et intéressants. Les premiers pas sur les tatamis lèvent certaines appréhensions : envolée la peur de la chute, disparue l’angoisse du contact, exit les raideurs corporelles...
Et pourtant... Au bout de quelques années, une fois les techniques apprises – plus ou moins maîtrisées, on sent qu’il manque quelque chose.
C’est à ce moment-là que beaucoup arrêtent, pour se tourner vers une autre activité plus tentante. Et le cycle peut ainsi se répéter à l’envie avec moult disciplines et arts aussi différents les uns des autres.


Persévérer est un trésor
Dommage ! C’est exactement à ce moment-là qu’il faudrait persévérer. Mais pas persévérer machinalement ! Non. Persévérer en réfléchissant profondément, en ressentant, ce que l’on cherche à réaliser à travers l’outil Aïkido.
Que l’on souhaite creuser l’aspect martial, spirituel, culturel, sportif, bien-être … la difficulté reste la même. Il va falloir réfléchir, lire, tester, rencontrer, expérimenter, théoriser, voyager, remettre en cause, etc.

 

l’Aïkid? refléchis !

Je voudrais revenir sur l’épineux sujet de l’efficacité de l’Aïkid?, elle se révèle dans son mode de gérer l’opposition, le conflit – qu’ils soient d’ordre physique ou psychologique – ou, autrement dit, comment sortir victorieux de l’adversité.

En toute sincérité, depuis que je pratique l’Aïkid?, je nai eu que peu d’opportunité de “m’en servir”, et ce uniquement dans le cadre de mon travail ou j’ai pu vraiment tester l’efficacité ou, plus exactement, mes capacités en situation réelle.

Ce qui d’ailleurs m’importe peu car si je continue encore aujourd’hui à pratiquer, ce n’est pas dans le vain espoir de sortir victorieux d’une hypothétique future agression – à la rigueur d’en sortir indemne! – mais plutôt d’être en mesure de ne pas la provoquer et/ou de l’éviter coûte que coûte. Aussi, dans le même ordre d’idée que l’hypothèse de “la troisième force” pour résoudre un conflit sans générer ni vainqueur, ni vaincu, je voudrais par cet article proposer une insolite approche de l’étude de l’Aïkid? pour aider le pratiquant à appréhender cette Voie plus comme Art de Paix quart martial.

Le corps est l’instrument avec lequel le pratiquant étudiera et expérimentera les principes qu’il doit mettre en oeuvre pour réaliser l’union, l’Aï avec son partenaire. Et c’est à travers son corps qu’il démontrera son réel niveau de compréhension, indépendamment et en dépit de ses discours.

De ce point de vue, il n’est pas différent d’un danseur ou d’un musicien qui se confronte pour la première fois à la barre ou au clavier. Plus vite il maîtrisera son corps ou, autrement dit, sa technique, meilleure sera la compréhension du travail qu’il est en train d’accomplir sur lui-même, tant aux niveaux physique, intellectuel qu’émotionnel, sans parler du spirituel. Certes, l’Aïkid? ne saurait non plus se limiter à l’étude des techniques, ce serait par trop réductif quand on sait que le grade qui sanctionne leur connaissance formelle est le sandan.

Dès lors, la phase suivante de l’apprentissage doit consister à entrer dans le comment et le pourquoi du mouvement de façon à l’intégrer, à le faire sien pour mieux l’oublier avec sa tête. Pour y parvenir, le pratiquant ne devra jamais cesser de répéter, de s’entraîner afin qu’il acquière ce que certains appellent l’intelligence du corps, celle qui permet au musicien d’oublier ses doigts et au danseur ses pas. Mais s’il peut paraître évident pour le danseur comme pour le musicien qu’il doit nécessairement faire un avec son partenaire ou son instrument pour saisir, capturer son auditoire et le faire vibrer sur le même registre d’émotions que le sien, la question peut se poser de savoir si faire un avec uke consiste simplement à le faire tomber et s’il ne peut pas être autre chose que le “faire-valoir” de tori !

C’est précisément de cette phase dont je voudrais parler parce que dépassé le stade de la mémorisation du curriculum technique, le pratiquant devra nourrir cette semence pour qu’elle devienne arbre. Il s’agit là d’une démarche totalement personnelle dans laquelle l’enseignant, le maître, le sensei ne peuvent être d’aucune aide simplement parce que la qualité de mon shomen dépendra uniquement du nombre de fois où je l’ai répété et non du nombre de fois où j’en ai entendu parler. Le drame du pratiquant d’Aïkid? est quen labsence dobjectifs, de moteurs, tels que peuvent l’être le titre pour un sportif ou la célébrité pour un artiste, il se consacre trop rapidement à lenseignement pour donner un sens à sa pratique. Ce faisant, il délaisse sa pratique physique pour privilégier une recherche plus intellectuelle et discursive, risquant ainsi de se perdre. En effet, on entend souvent mieux parler de l’Aïkid? quon ne le voit faire !
Demandez à un musicien ou un danseur quinquagénaire s’il continue à pratiquer ! J’ai des amis musiciens, et pas forcément professionnels, qui travaillent quotidiennement leur instrument. J’entends par là qu’ils ne cessent de pratiquer pour eux-mêmes parce que si les doigts perdent leur agilité, les pas leur assurance, ils se coupent du lien qui les relie à leur art pour ne plus devenir que des théoriciens, voire des critiques d’art. Rien n’est plus attristant que de devoir réduire l’art à ses acquis, de n’être plus en mesure de démontrer physiquement ce qu’on a compris intellectuellement et émotionnellement. En Aïkid
?, le corps est loutil avec lequel nous exprimons, nous manifestons cette compréhension et, si nous nen prenons pas soin, il accusera toujours plus difficilement le poids des ans, comme une voiture mal entretenue. Mais quelle méthode nous enseigne cette discipline pour maintenir notre véhicule en bon état de fonctionnement, malgré le nombre toujours croissant de kilomètres ? Que propose-t-elle pour maintenir un bon niveau d’exécution sans lui faire subir les contraintes de l’âge ? Autrement dit, comment puis-je continuer à étudier avec mon corps sans qu’il me le reproche ?


Belle question, qui en comporte deux, d’ailleurs !
Comment maintenir son corps en bon état de fonctionnement ?
Comment le faire fonctionner pour qu’il maintienne un haut niveau d’exécution de la technique ou, autrement dit, comment maintenir la virtuosité ?


Je me limiterai, à donner des éléments de réponse à la deuxième question parce que répondre à la première dépasserait le cadre strict de la pratique pour entrer dans celui de l’hygiène de vie sur laquelle il y aurait, pourtant, beaucoup à dire et mériterait qu’on s’y penche. Les deux questions sont de toute façon liées parce que les performances de mon véhicule seront toujours tributaires de son bon état de fonctionnement. Vous pouvez avoir “une Porshe” dans le garage, si vous n’y mettez pas le bon carburant, elle risque de ne pas être à la hauteur des performances pour lesquelles vous l’avez achetée et que vous vanterez pour la vendre ! Mais comment faire pour continuer à s’améliorer malgré l’âge?


La pratique martiale se décline en deux modes : tandoku et sotai renshu, c’est-à-dire pratique seule et pratique avec un (ou plusieurs) partenaire. En Aïkid
?, tandoku renshu est principalement constitué par la préparation physique (taiso), que Tamura Sensei exécutait scrupuleusement avant chaque cours et même, je crois savoir, tous les jours. Il suffit de se référer à ses livres pour se convaincre de l’importance qu’il y accordait. Beaucoup de ses élèves ont commis l’erreur de déconsidérer cette préparation parce qu’elle ne sert pas leur progression technique, alors que son but est simplement de maintenir le corps dans les conditions requises pour lui permettre d’exécuter correctement (académiquement, dirais-je !) la technique sans que le pratiquant ait besoin de la transposer pour la réduire à sa propre condition physique.
Je ne pense pas cependant que Osensei ait créé son Art pour qu’il soit pratiqué par des personnes disposant de capacités physiques hors du commun. Au contraire, le Budo ne requiert aucun don particulier

 

Les promesses trahies de l’Aïkido

Le nombre de pratiquants d’Aïkido est en baisse nette de façon constante depuis plusieurs années. C’est un fait INCONTESTABLE que démontrent les chiffres publiés par le ministère des sports.

Pourquoi l’Aïkido qui connut un essor si spectaculaire il y a moins de cinquante ans s’effondre-t-il ? Pourquoi perd-il de son attractivité alors que les autres disciplines martiales, qu’elles aient été présentes sur le “marché” avant ou soient arrivées après, ont réussi à conserver leurs adeptes et à en gagner de nouveau ?
Les raisons sont évidemment multiples, et on ne pourra trouver d’explication simple à un phénomène complexe. J’aborderai aujourd’hui l’une des plus évidentes, les promesses non-tenues…

Quelques chiffres effarants
Nous avons souvent l’intuition que l’Aïkido est en berne. Nous n’avons toutefois que nos propres expériences subjectives pour appuyer cet opinion.
Analysons quelques chiffres, Sur ces 20 dernières années, le % de licences des 2 plus grosses fédérations Belges, sont à la baisse de manière constante, prenons le cas de notre Club de Chatelet ou en un peu plus de 10 années d’existence, a vu s’inscrire plus de 180 licences pour aujourd’hui (14/03/21), en avoir 25 réellement actives pour une moyenne de 10 à 15 élèves par cours, alors que le nombre d’actives est déjà monté à 47 il y a 2 ou 3 ans a peine !


“… de manière plus globale, si l’on compare l’évolution de la population de licenciés en Belgique, à celle de la population Belge, le recul de la pratique de l’Aïkido en Belgique est encore plus flagrant. … la population Belge est passée d’environ 10,5 millions à environ 11,4 millions d’habitants sur la plage de temps considérée (2009-2019), soit une augmentation de 9,8 %, tandis que celle des licenciés total Aikido, enregistre une diminution d’environ 14 % sur la même période.

Si le nombre des licenciés était resté proportionnelle à celui de la population Belge, le nombre de licenciés en 2019 serait de 25% supérieur aux chiffres actuels ;

Arrivé en Belgique auréolé d’une aura de mystère dans les années 50, vivant un boom extraordinaire dans les années 60 avec la présence simultanée sur le territoire des pionniers, Kenshiro Abe,Murashigue Arimoto, Julien Nassens, Lindebrings Jean, pourquoi l’Aïkido n’a t-il pas réussi à devenir une discipline majeure comme ses aînés le Judo et le Karaté, qui par ailleurs, sont également en net perte de vitesse au niveaux des pratiquants ?

Un art martial “supérieur” !
Porté par des adeptes aux prouesses martiales avérées tels que, l’Aïkido fut surnommé à ses débuts “Jujutsu supérieur” ou “Self défense supérieure” par les pratiquants, essentiellement de Judo, qui virent arriver la discipline. Si les pionniers qui suivirent continuèrent à éblouir par leur efficacité martiale, certains des nouveaux venus tels que maître Nakazono et maître Tsuda présentèrent en outre l’aspect spirituel de cette nouvelle Voie.
Répondant à deux des aspirations les plus communes de l’humanité, la préservation de l’intégrité physique et le développement spirituel, l’Aïkido commença son développement sur les chapeaux de roues. Noro senseï fut ainsi à son arrivée à l’origine de la création de deux cent dojos en Europe en deux ans !

Quand la machine se grippe …
Tout s’est toutefois compliqué lorsque l’Aïkido atteint la taille critique où le nombre de pratiquants était si élevé que furent désignés des enseignants intermédiaires. Affublés de divers titres les décrivant comme experts, ces fidèles motivés et disponibles eurent la charge de transmettre l’enseignement de leurs maîtres respectifs. Les élèves ne voyaient alors plus les géants de la discipline que de rares fois dans l’année. Avec l’évolution des moyens de transport et la circulation de l’information, ces derniers passaient d’ailleurs une grande partie de l’année à voyager à travers le monde pour transmettre leur art.
La transmission se fait naturellement de cette façon. Avec un maître “âgé” au sommet de son art incarnant un idéal de pratique, secondé par des experts dans la force de l’âge démontrant une perfection technique, et soutenu par des anciens chevronnés présentant un travail solide et efficace. Une structure schématique que l’on retrouvait traditionnellement à l’échelle d’un dojo comme d’une école, et qui aurait été souhaitable à l’échelle des fédérations.
Mais la machine s’est grippé. La réputation de la discipline s’est dégradée, l’engouement est tombé, les anciens ont commencé à déserter et les nouveaux à se faire rare. Parce que les pratiquants ne voulaient pas d’intermédiaires, pour quelques uns sans doute. Mais le problème principal ne venait pas du fait qu’il y avait un échelon de plus dans l’échelle de la transmission, mais que celui-ci n’était pas capable de remplir sa mission.

Amateurs et professionnels
La transmission a besoin d’enseignants amateurs, de semi-professionnels et de professionnels. C’est une évidence. Chacun a son rôle, et l’absence de l’une de ces catégories rend l’ensemble du système inefficace. Le malheur est que les chefs de file de l’Aïkido ont dû confier à des amateurs, ou dans le meilleur des cas des semi-professionnels, des charges qui auraient dû incomber à des professionnels.
Oh il existe bien sûr de rares exceptions où un amateur est si passionné qu’il rogne sur d’autres domaines de son existence pour pouvoir atteindre des compétences comparables à celles d’un professionnel. Toutefois chacun s’accordera à sur le fait qu’entre sa famille, sa carrière et ses éventuelles autres passions, un amateur, et même un semi-professionnel, ne peut atteindre le même niveau qu’une personne dont c’est la profession. Et cela se vérifie tant dans les domaines physiques qu’intellectuels.

Déception
Dans la pyramide de l’Aïkido, passé le sommet, c’est ainsi à tous les étages que s’est répercuté cette erreur de casting. Des pratiquants passionnés qui auraient faits de bons anciens dans un dojo se sont retrouvés enseignants. Des enseignants amateurs se sont retrouvés responsables techniques fédéraux, sans avoir les outils nécessaires pour assumer cette charge. Et des experts locaux sont devenus enseignants nationaux en n’ayant ni les capacités techniques, ni les connaissances sur l’histoire, l’esprit et la philosophie de la discipline que nécessitait un tel poste.
Certains, rares et dignes de respect, se hissèrent à la hauteur de l’honneur qui leur était fait en redoublant d’efforts. Pendant ce temps, une grande partie des nouveaux venus se mit à comploter pour garder leurs postes qu’ils savaient menacés. Les rares ayant le niveau de leur fonction furent amers de côtoyer des incompétents, et beaucoup se mirent à l’écart d’eux-mêmes ou fondèrent leurs propres groupes. Une montée dans la hiérarchie qui correspondait pour certains à… occuper un poste pour lequel ils n’étaient pas qualifiés et reproduire le comportement qui les avait fait fuir.

Ce triste jeu de chaise musicale où chacun occupe un poste supérieur à ses capacités a eu tôt fait de ternir la réputation de la discipline car, au regard des autres arts martiaux, l’Aïkido était à chaque fois représenté de façon défavorable.
Les nouveaux élèves se trouvaient face à des enseignants n’ayant pas terminé leur formation, les “experts” régionaux et nationaux n’avaient pas le niveau que l’on attendait d’eux, et les démonstrations publiques finirent de discréditer aux yeux de la population une discipline autrefois réputée pour son efficacité.

Faire ses preuves
“Dans une étude Française sur la discipline, le résultat indique que plus de 60 % des premiers inscrits abandonnent en cours ou en fin de première année, la deuxième année voyant également près de 50 % de départs. A cinq ans, 10 % des premiers inscrits seront encore là, à 15 ans, 3 %.”

Bien entendu chaque discipline voit son lot d’abandon. Mais si l’incompétence n’est pas le monopole de l’Aïkido, cela ne s’en ressent que plus fort car moins populaire.

Cela nous amène donc à conseiller à tous les ‘’futurs’’ interessés par cette discipline, de ne pas hésiter a visiter, écouter et essayer divers Clubs, écoles, Dojos et surtout enseignants, avant de choisir, non pas, bien qu’il soit utile de connaitre les réputations de ces derniers, ce qui serait le mieux ou le plus fiable au retours des bouches à oreilles, mais bien ce qui vous conviendra le mieux suivant vos propres attentes et recherches.

 

Le pourquoi est supérieur au comment

La pratique des traditions martiales n’est généralement plus aujourd’hui une question de vie ou de mort. Devenus une activité de loisirs, les arts martiaux traditionnels se résument souvent à présent à la répétition de chorégraphies vaguement combatives. À dire vrai, il est souvent difficile d’y voir autre chose qu’une tentative un peu déprimante de préserver un folklore. Et ce que l’énergie investie dans une telle activité peut apporter au pratiquant est dérisoire…


Le kata
Les arts martiaux japonais, comme la majorité des traditions martiales, s’appuient sur un ensemble de formes codifiées, les katas. Mais s’ils renferment l’essence de l’art, pour le trouver il faut être capable de voir au-delà de leur forme.
Oui l’apprentissage passe par l’imitation. C’est l’étape shu, celle de la copie. Mais ce passage doit être fait intelligemment, et il faut voir… au-delà de la forme.

Que nous enseigne une technique ? Un principe qui se traduit par un effet concret sur Uke. Mais l’imitation servile ne garantit en rien que l’on utilise le principe, et encore moins que l’on obtienne un effet similaire. Il y a bien sûr la question de l’utilisation du corps, qui est au-delà de la forme. Mais il y a avant ce stade la question de l’application relative du mouvement.

Pour les petits et les grands
Le maître d’Aïkido Tamura Nobuyoshi. De taille modeste, Tamura senseï était pourtant un budoka à l’efficacité martiale redoutable. Son enseignement était suivi par des dizaines de milliers de pratiquants à travers le monde, qui s’évertuaient à le copier dans les moindres détails. Parfois jusqu’à la caricature… Mais s’il était compréhensible que son Aïkido donne naissance à un tel enthousiasme, le souci d’imitation révélait surtout souvent une compréhension très superficielle.

Maître Tamura n’atteignait pas le mètre septante. Vivant en France, il pratiquait essentiellement avec des personnes plus grandes que lui. De cette situation il avait développé un Aïkido qui reposait souvent sur la création du vide. Et je me souviens clairement de nombreux mouvements, notamment d’une forme de shiho nage, de kokyu nages, où l’on avait l’impression de tomber vers l’avant. Comme la majorité on essaye d’obtenir le même effet en reproduisant sa posture, son déplacement, etc. Tout concentré sur nous même, on finis par faire abstraction d’Uke et du rapport qui existait entre Tori et Uke. Un rapport de taille presque toujours très différent de celui qui existait entre Tamura senseï et ses partenaires. Pour que notre technique ait u une chance de créer le même effet, il faudrait déjà que notre rapport de taille soit le même ! Sans quoi avec quelqu’un de notre taille ou plus petit, il faut se baisser nettement.

Au final, même si on fini par comprendre cela,  ce n’est malheureusement pas le cas de tout le monde. Et des années après sa mort on trouve encore sur les tatamis des « experts » d’1m80 et plus, qui imitent ses gestes et sont obligés de forcer pour obtenir un effet vaguement similaire.

Que le pratiquant s’attache à répéter des formes figées, sans comprendre ce qui est contextuel comme le simple rapport de taille, et le principe ne sera jamais compris, atteint, intégré. Si la codification est nécessaire pour la transmission, la pratique doit comprendre la contextualisation. Il faut pour cela regarder aussi uke, le rapport qui existe entre lui et tori. Il faut étudier l’effet que tori a créé chez lui. En comprendre les ressorts les plus fins. En fonction du uke qui nous fera place, nous pourrons avoir à reproduire le même geste au millimètre près, mais nous aurons surtout souvent à adapter ce qui nous a été enseigné à la situation dans laquelle nous pratiquons. Il nous faudra vivre le moment dans ce qu’il a d’unique.

Si les pratiquants ne réalisent pas que le pourquoi (l’effet recherché) est supérieur au comment (la forme extérieure), ils seront condamnés à répéter des gestes vides de sens. La forme est un outil. Seul ce qu’elle transmet est essentiel.

 

Le courage de tester ses hypothèses

Un des objectifs des voies martiales est d’amener l’homme à dépasser ses peurs. La première, la plus instinctive, est celle pour notre intégrité physique. Ce n’est qu’en atteignant une efficacité martiale concrète que l’adepte la dépassera. Ayant surmonté cette peur primale, il sera alors à même d’entreprendre la suite de son long chemin… Une tâche ardue qui ne saurait souffrir dogmatisme et obscurantisme qui sont trop souvent l’apanage des traditions martiales.

Rechercher et polir
Un adepte est essentiellement confronté à deux tâches, affiner son savoir-faire et chercher une meilleure façon de faire. Bien entendu chacun, en fonction de son cheminement et sa personnalité, mettra l’accent sur l’une ou l’autre de ces facettes. Mais c’est un processus commun et constant qui ne connaît pas de fin.
S’il faut du courage pour entreprendre un tel travail, il en faut encore plus pour le faire de façon pertinente. Car de combien d’”innovations” incohérentes, parfois risibles et souvent dangereuses ne sommes-nous pas témoins dès lors que nous observons la diversité de l’Aïkido contemporain. Trouvailles vides de sens qui sont le fruit de nos approximations et lâchetés.
Si quelques uns ont le courage de s’y adonner, peu ont celui de tester la pertinence de leurs découvertes.

Les théories en Aïkido
Le problème de pratiques telles que l’Aïkido est qu’elles permettent d’échafauder les théories les plus extravagantes puisqu’elles n’ont pas charge de preuves. Cependant le véritable danger ne vient pas des méthodes les plus farfelues qui se discréditent d’elles-mêmes, mais de celles qui sont belles, logiques, cohérentes et séduisantes. Car la pratique martiale n’a de véritable valeur que lorsqu’elle s’ancre dans le réel. Le piège aujourd’hui est que nos pratiques évoluent dans des cadres toujours plus formels et figés, que l’on peut moduler à notre guise pour démontrer des théories dans une démarche pseudo-expérimentale qui revêt tous les atours d’une pensée scientifique, sans en avoir la rigueur ni l’objectivité.

En simplifiant grossièrement, on considèrera que la démarche scientifique expérimentale fonctionne de la façon suivante :

Hypothèse > Expérimentation > Modification de l’hypothèse ou Établissement d’une théorie

Les problèmes qui se posent aujourd’hui sont que :

- Les hypothèses sont généralement formulées sur des bases erronées.
- Films : la très large majorité des “combats” dont ont été témoins les pratiquants contemporains ont eu lieu sur un écran. Alors même que quelques recherches sur le net permettent d’observer des scènes réelles via des caméras de prison par exemple, les cours et démonstrations voulues “réalistes” d’Aïkido reprennent simplement les codes cinématographiques qui sont très éloignées de la violence concrète.
- Expérience de combat : si quelques pratiquants ont une expérience du combat, elle est généralement limitée à des bagarres ou des rencontres sportives. Bien que ce type d’affrontement n’exclue pas de conséquences graves, il est très différent par nature d’un combat de survie. Si ces confrontations peuvent apporter des éléments de réflexions, il faut comprendre leur différence de nature avec les techniques guerrières qui sont aux origines de l’Aïkido pour en tirer profit intelligemment.

 

 

Du vide au néant

Lorsqu’une personne débute les arts martiaux, elle a rarement un contrôle optimal de son corps et de son esprit. Toutefois, par un apprentissage méthodique, la pratique peut l’amener à une maîtrise très fine d’elle-même, et la doter de capacités extraordinaires.

Le seïchusen, signifiant la ligne médiane correcte, est un terme utilisé par différents maîtres du Budo. Comme toujours, leur interprétation peut varier de façon notable. Nous allons utiliser le mot seïchusen, pour désigner l’axe fondamental autour duquel s’organisent les actions physiques. Pour un néophyte, cet axe se confond à peu près avec la colonne vertébrale. Il ne s’agit toutefois que d’un centre matériel, et si les membres lui sont bien reliés, il n’y a pas entre eux de véritable lien permettant des actions subtiles et efficaces. À ce stade, le corps dans sa globalité est une cible vulnérable.

Le tronc
Les premières étapes de formation de l’élève devront donc l’amener à développer un centre conscient. C’est autour de cet axe, large et épais qui se confond au départ avec le buste, que se développeront ses gestes. Le corps reste toujours vulnérable car s’il devient plus aisé de mouvoir ses membres, ce n’est pas le cas du tronc qui reste une cible facile, car très statique.

Le fil
Peu à peu le pratiquant apprendra à affiner son seïchusen, jusqu’à ce qu’il devienne aussi ténu qu’un fil. Tendu comme une corde de piano, les mouvements qui s’organisent autour de lui deviennent plus sophistiqués, variés et efficaces. La seule partie “fixe” étant fine, et le reste du corps étant devenu libre, il devient beaucoup plus difficile de toucher le pratiquant.

Au stade suivant, l’adepte apprend à déplacer cet axe dans son corps. Il peut aussi bien rester sur place et déplacer la ligne, que la laisser où elle est et se mouvoir. Les perceptions de ses adversaires sont troublées, et il devient très compliqué de l’atteindre.
À noter que des adeptes qui sont à un stade supérieur font parfois volontairement percevoir un axe pour perturber ceux qui leur font face.


Le point
Lors de l’étape suivante la ligne se réduit à l’extrême et devient un point. Le corps a acquis une liberté et une mobilité extraordinaires, et ne laisse qu’une cible minuscule.

Le vide
À la dernière étape, enfin, le néant. Les gestes sont générés sans s’appuyer sur un axe ou un point, ce qui les rend impossible à lire. Il n’y a plus de cible, l’adepte est insaisissable.

Les pièges
Les voies que nous empruntons recèlent de nombreux pièges. Chaque étape étant source de progrès, il est aisé de s’illusionner et de s’abandonner à une sensation d’achèvement. Tout progrès devient alors impossible.
Les adeptes qui restent à un stade particulier sont nombreux et se reconnaissent facilement. Ils font généralement, mieux, la même chose que dix ou vingt ans plus tôt. L’évolution est difficile car elle signifie souvent une perte de repères et une régression dans l’efficacité.

 

 

Technique, modification de l’utilisation du corps et vitalité

La pratique martiale est composée de trois éléments fondamentaux, les techniques, les méthodes de modification de l’utilisation du corps, et… la vitalité. Si le premier élément est systématiquement présent dans les cours d’arts martiaux, le deuxième est beaucoup plus rare. Le troisième quant à lui, est quasiment introuvable.

Quelles sont les conséquences de cette absence ? Qu’est ce que la vitalité ?

La technique recouvre l’ensemble de la gestuelle destinée au combat, constituée de frappes, projections, luxations, etc. La modification de l’utilisation du corps désigne les méthodes permettant d’obtenir des effets hors du commun grâce à une reprogrammation profonde. Un processus que j’ai déjà évoqué à diverses reprises, et qui demande un travail très important. Il peut se traduire par un corps connecté, dissocié, enraciné, flottant, etc. Mais qu’est ce que la vitalité ?
Le mot le plus proche qui me soit venu à l’esprit est la niaque ! Il signifie mordant, combativité. Mais ce mot réducteur ne convie pas les notions d’instinct de survie, ne traduit pas cette volonté primale qui permet à ceux qui en sont dotés de survivre aux situations les plus effroyables. C’est pourquoi je lui préfère le terme de vitalité.

La vitalité est-elle synonyme de ki ?
Oui et non. Le ki est un terme aux significations multiples. Il est commun en Aïkido d’évoquer l’énergie lorsque l’on emploie ce mot. Parmi les traductions, les termes qui correspondent le plus sont : esprit, humeur, état d’esprit, motivation, disposition. La vitalité correspond ainsi non pas à une bonne énergie physique, mais à un esprit indomptable. Si l’on peut employer le terme ki dans les deux cas; il s’agit toutefois de deux choses distinctes.

La pratique des arts martiaux, était généralisée au Japon, avant et pendant la seconde guerre mondiale. Il est intéressant de remarquer que s’il s’agissait essentiellement de Judo et Kendo, les toutes nouvelles méthodes qu’étaient à l’époque l’Aïkido et le Karaté Shotokan servaient à former des groupes bien particuliers. L’Aïkido était ainsi enseigné aux services secrets japonais, naisho, et à la kempeitai, qui faisait à la fois office de police militaire et police secrète, tandis que le Shotokan faisait partie de la “formation” des tokkotai, plus connus en Occident sous le nom de kamikazes…
Pourquoi les kamikazes pratiquaient-ils le Karaté, alors que leur chance d’avoir à combattre à mains nues était quasi nulle ? Si l’on peut imaginer que certains étaient galvanisés par le fanatisme qui avait gagné une partie du Japon, il était évident que le destin qui attendait ces “volontaires/désignés” avait de quoi faire trembler les plus téméraires. Et c’est là que le Shotokan intervient. On dit que “Le Shotokan est la seule école capable de transformer un lapin en tigre !”. Et il est vrai que la pratique intensive et rythmée des katas, kihons et autres ippon kumites portés par les kiaïs, donne une impression de puissance que l’on ne retrouve dans aucune autre discipline exepté le Kendo.

L’état-major avait su choisir la discipline la plus adaptée à leur objectif.

À la même époque, l’Aïkido était donc enseigné à la kempeitai et aux espions. Si l’utilité de techniques martiales permettant de contrôler un adversaire est évidente pour une police militaire, plus intéressant est le fait que notre discipline ait aussi été enseignée aux agents secrets de l’archipel. Mochizuki Hiroo racontait, que lors de ses entraînements personnels où il lui servait régulièrement d’uke, Ueshiba Moriheï pratiquait des mouvements courts, extrêmement incisifs, qui étaient souvent accompagnés d’atémis incapacitants qui lui coupaient le souffle. Et l’on trouve sans peine en cherchant, les témoignages de pratiquants formés à cette époque qui corroborent ces faits et évoquent une pratique extrêmement martiale.
Si l’on a à l’esprit le fait que les espions ne sont pas protégés par la convention de Genève, on comprend naturellement la nécessité d’être formé à une méthode aussi rapide que définitive.

 

Apprendre à apprendre

Les étapes shu, ha et ri dans l’apprentissage des traditions martiales japonaises sont connues. En simplifiant on peut dire que shu correspond à l’imitation, ha à l’exploration, et ri à la maîtrise. Mais si shu ha ri peut être ramené à l’étude d’un mouvement, il s’agit évidemment à la base des grandes périodes de la vie d’un pratiquant. Je souhaiterai aujourd’hui me pencher sur les étapes beaucoup plus réduites de l’étude d’un mouvement.

Les techniques martiales traditionnelles japonaises sont des outils très subtils. Ils ont pour but de permettre à un adepte de survivre à une confrontation face à un ou plusieurs adversaires qui lui sont physiquement supérieurs.
Si le C.V. d’une école comporte plusieurs étapes de difficultés croissantes, même les premières techniques ne peuvent fonctionner après quelques répétitions (j’entends par là les quelques premiers milliers de fois où on la réalise).

Alors qu’une vision superficielle peut donner l’impression que les techniques sont des leviers ou des frappes que l’on peut maîtriser en quelques heures, la réalité est toute autre. La véritable efficacité de ces mouvements les rend… littéralement incroyables. On ne peut y croire. Un geste dans lequel un regard non averti ne verra qu’un levier permettant une amélioration insuffisante du rapport de forces pour qu’un vieillard maîtrise un adversaire aux capacités physiques largement supérieures, fonctionnera de façon incompréhensible. Parce que la technique fonctionne lorsqu’il y a eu modification de l’utilisation du corps. Modification qui a été obtenue… en travaillant notamment la technique.

C’est donc la recherche d’un effet “incroyable” qui permet de l’obtenir. Mais pour cela il faut d’abord avoir conscience qu’un tel effet est possible, et on ne peut en avoir la certitude qu’après l’avoir ressenti, expérimenté dans sa chair.
Malheureusement aujourd’hui les adeptes capables de faire preuve de capacités trop belles pour être vraies sont souvent des mystificateurs.


J’ai eu l’occasion et la chance, de croiser la route de plusieurs maîtres capablent de prouesses incroyables, tous différents, mais tous incroyables, je citerais : Murashigue sensei et Mtr Lindebrings dans les années 70, Tamura senseï, Tomita sensei, Sugano sensei dans les années 80, Sato sensei, Nabeetsu sensei, Tose sensei dans les années 90, ou beaucoup plus récemment, bien que eux-mêmes ne se qualifient pas ‘’d’incroyables’’, Léo Tamaki Sensei et Ali Belakhdar Sensei, cette dernière décénnies.  

Et lors de mes nombreux déplacements, stages et autres rencontres, peu parmi les nombreux ‘’experts’’ que j’ai rencontrés, avaient développé ces compétences incroyables réelles, même si beaucoup en faisaient des démonstrations… Si vous n’avez pas encore rencontré de tels adeptes, je vous invite à continuer à chercher. Soyez curieux, explorez, car la découverte en vaut vraiment la peine.

Reproduire la forme
Lorsque l’on débute la pratique martiale, on a tendance à se focaliser sur la fin d’un mouvement, ce que subit Uké au final. Mais il ne s’agit là que d’une conséquence de la réalisation juste de toutes les étapes antérieures.

Se concentrer sur cette partie, empêche de voir le cheminement permettant ce résultat. En conséquence on voit de nombreux pratiquants prendre des libertés pour arriver à une fin présentant une ressemblance toute relative avec ce qui a été démontré.
La première étape de l’étude est la reproduction. A ce stade tori et uke doivent travailler en coopérant, chacun cherchant simplement à imiter les formes respectives qu’ont démontrées l’enseignant et son partenaire.

Miracle excepté, le geste de tori ne peut produire le résultat escompté. C’est sans importance. Uke doit donc coopérer. Il doit effectuer une attaque correcte tant dans le temps, la distance et la forme que l’intention. En revanche il devra reproduire l’effet en s’accordant à tori.
A ce stade le rôle d’uke est plus difficile que celui de tori. Car sans savoir comment fonctionne la technique, il peut en reproduire l’effet trop tôt, trop tard, ou de façon incorrecte. C’est la raison pour laquelle dans les koryus, uke était toujours un sempaï.

En Aïkido il est possible de limiter les erreurs en se concentrant sur une réalisation très lente du mouvement. L’enseignant devra aussi veiller à ce que lui ou un pratiquant avancé passe avec chacun de ses élèves en tenant le rôle de uke.
Lors de cette étape, les attaques rapides et/ou puissantes sont à proscrire. En effet, le stress provoqué empêchera uke de se concentrer sur la reproduction d’une forme précise, et contribuera à ancrer en lui des gestes approximatifs, et une tension dans ses réactions. L’enseignant devra être très vigilant à ce stade, beaucoup de pratiquants attaquant trop vite et trop fort.

 

Rester élève

Il est fréquent et politiquement correct de dire qu’un enseignant apprend autant de ses élèves qu’ils apprennent de lui.

Bien entendu, enseigner permet de prendre conscience de choses qui nous auraient sans doute échappé si l’on était simplement resté élève. Les questions qui nous sont posées par les pratiquants, et la façon dont ils résolvent les problèmes, sont notamment de riches sources d’évolutions. Pour autant cela n’est qu’un des éléments, et probablement le moins important, qui permettent à un adepte de progresser. Les autres moyens principaux étant la pratique, la recherche, et enfin l’étude auprès d’un maître.

Shu ha ri
Le processus d’enseignement des Budos se caractérise par les étapes shu, ha et ri. En simplifiant, shu est l’étape de l’imitation. C’est une période durant laquelle l’élève doit imiter le maître. L’essentiel est de reproduire de façon aussi fidèle que possible ce qu’il réalise. C’est une étape frustrante, qui ne laisse pas de place à l’interprétation. Mais elle permettra à l’adepte de découvrir les principes et stratégies de la discipline, et surtout l’obligera à s’oublier soi-même en mettant de côté ses préférences et réflexes naturels.

Les uchi-deshis (Eleves à résidence) personnifient parfaitement cette période. Si l’on considère que les élèves d’O senseï s’entraînaient une moyenne de trois heures quotidiennes, et que nombre d’entre eux partaient enseigner après quelques années, on peut prendre le chiffre de 5 000 heures comme indicatif de la durée MINIMALE de la période de shu. Pour des pratiquants “moyens” qui s’entraînent deux fois une heure et demie par semaine hors vacances scolaires et font quelques stages, cette période durerait donc … vingt à trente ans.

La période ha est celle de l’exploration. L’adepte est alors capable de reproduire fidèlement et avec une certaine efficacité les formes qu’il a étudiées. Etant souvent devenu enseignant, il commence à expérimenter les possibilités que peuvent offrir des variations, et même des changements importants dans ce qu’il a appris. Me considérant à cette étape, je n’ai aucune idée de sa durée moyenne, mais je crois qu’on peut imaginer sans grands risques qu’elle prend AU MINIMUM autant de temps, c’est à dire 5 000 heures. C’est une étape que connaîtront peu de pratiquants.

Et c’est enfin ri, la période de la maîtrise. A ce stade l’adepte n’agit plus en réaction à l’enseignement qu’il a reçu, ne cherchant ni à le copier, ni à s’en écarter. Sa pratique pourra être proche, comme très différente de celle de son maître. Elle sera dans tous les cas une incarnation libre et légitime de la discipline. Rares sont naturellement les adeptes qui atteignent ce stade.

Si métaphoriquement la période shu correspond à l’enfance où l’on imite ses parents, et la période shu à l’adolescence où l’on agit en réaction à eux, ri correspond à l’âge adulte. Celui où nos actes, similaires ou différents, ont le poids des enseignements reçus et de nos expériences.
Bien entendu ceci est une présentation simplifiée de shu ha ri.

 

Eloge de la lenteur


Chacun a déjà vu des adeptes de Taï Chi Chuan travailler lentement. Et les curieux auront aussi probablement observé des pratiquants de Systema s’entraînant au ralenti. Ce type de travail est si représentatif qu’il est d’ailleurs devenu une des marques de fabrique de ces disciplines. Beaucoup moins, sans doute, savent que la pratique au ralenti est une des bases du Iaïjutsu dans certains Koryus, et notamment dans le Shinbukan Kuroda ryugi.

Maître Kuroda Tetsuzan est probablement le maître de sabre le plus célèbre au monde. Si ses méthodes d’enseignement ne font pas toujours l’unanimité dans les cercles les plus conservateurs du Bujutsu, sa compétence martiale n’a jamais été mise en doute.

Sa réputation est basée sur deux traits particuliers, les mouvements “invisibles” (dans le sens de « imperceptible par l’adversaire »), et sa vitesse d’exécution.

Ses capacités dans ces deux domaines trouvent leur origine dans le travail au ralenti, une tradition du Tamiya ryu Iaïjutsu.
Le Iaïjutsu est l’art de dégainer le sabre. La vitesse d’exécution y est primordiale, particulièrement dans la mesure où l’on considère souvent que l’adversaire a déjà son arme à la main. S’entraîner au ralenti pour des considérations de santé était bien évidemment totalement étranger aux préoccupations de survie des samouraïs, et s’ils ont adopté ce type d’entraînement, c’est uniquement parce qu’il leur permettait de développer une rapidité hors-norme.

Dans les arts martiaux chinois, c’est Yang Luchan qui popularisa ce type de travail au 19ème siècle. Et son art se répandit très rapidement, non parce qu’il était bon pour la santé, ce n’est qu’une conséquence, mais parce que Yang démontrait des capacités de combattant hors du commun.


A quoi sert le travail au ralenti ?
Le travail à vitesse lente a de nombreux bienfaits, En voici une liste non-exhaustive :
– lorsque l’on étudie un mouvement, la première étape est l’apprentissage de sa forme. Cette étude est souvent compliquée lorsque l’on tente de le réaliser à vitesse “réelle”. Prendre le temps de le réaliser au ralenti, comme lorsque l’on apprend à écrire, permet de l’intégrer plus efficacement.

– le stress dans la pratique martiale est causé par différents facteurs. Ralentir la situation, que ce soit pour un mouvement déterminé ou dans un travail libre, permet de ne pas rentrer dans une zone de panique, notamment pour les débutants. Travailler en confiance est une base souvent négligée dans un milieu où il est souvent de bon ton de parler de surmonter ses peurs. Surmonter ses peurs est un processus qui peut être réalisé de façon graduelle et dans la sérénité.

– le travail au ralenti permet une prise de conscience fine de l’action. Avec le temps l’adepte parvient à sentir les muscles qui sont en action, l’alignement des différents segments de son corps, etc. C’est la première étape vers la modification de l’utilisation du corps.

– une fois les éléments en action déterminés, il devient possible d’essayer d’avoir une action sur eux, et/ou d’en changer. On peut par exemple modifier les muscles utilisés pour réaliser un geste, ou la façon dont on les emploie.

– le travail au ralenti permet de développer le relâchement. Peu à peu il devient possible de dissocier très finement le travail des différents muscles mis en jeu, et d’inhiber tous ceux qui se contractent par habitude mais ne sont pas réellement utiles au mouvement. En conséquence la vitesse de réalisation augmente, et la respiration se pose.

– c’est un cercle vertueux. La respiration se faisant naturellement, elle ne vient pas gêner la réalisation du geste. Elle n’est plus une entrave à l’exécution du geste juste, mais une de ses conséquences.

– le travail au ralenti permet aussi d’accentuer artificiellement certains éléments, comme la fatigue musculaire afin de développer le corps du pratiquant et sa structure.

– travailler à vitesse lente réduit significativement le nombre de blessures.

 

Les femmes en aïkido

L’aïkido est sans doute l’art martial le plus pratiqué par les femmes.

Les fédérations donnent cette image d’art martial adapté aux femmes, c’est le versant pacifique et non violent de l’aïkido.
Il est vrai que l’image donnée par les dojos est moins empreinte de testostérone que les dojos de jujitsu ou de karaté.

Exception faite de la pratique des armes, la rondeur de l’aïkido, sa dynamique et son apparente absence de sollicitation musculaire donne une image probablement plus attirante pour des femmes que des arts de combat pieds/poings :  nous avons l’impression que les femmes sont plus favorisées que les hommes parce que l’Aïkido demande de la souplesse et de l’agilité, d’utiliser non pas les muscles des épaules ou des bras, mais vraiment l’investissement des hanches. 

La mixité dans la pratique est aussi un facteur attractif : ne pas se limiter à une pratique purement féminine, jouer sur un terrain d’égalité avec les hommes, sont des modes de pratique en accord avec les revendications et modes de vie actuels d’un grand nombre de femmes.
Pas de force musculaire, pas de violence, l’utilisation des hanches et une technicité importante, tels sont les principaux arguments relevés pour convaincre ou expliquer la présence des femmes sur les tatamis d’aïkido.
Après plus de 44 ans a fréquenter les dojos d’Aïkido, ce que j’ai constaté, c’est le décalage entre le discours commun, qu’il soit institutionnel ou local, et la réalité des tatamis. Le discours ambiant politiquement correct ne tient pas longtemps quand on constate simplement ceci, pour un tiers de licenciés qui sont des femmes :

• quelle est la proportion généralement constatée de femmes dans un cours ?
• combien d’enseignantes qui ne soient pas confinées aux cours
enfants ?
• combien de candidates aux examens dan ?

Notre commission des grades Aikido AWAM, ITBF et FESECAM ne compte encore aucune femmes. Parmi la C.G. UbeA seule une femme est assise à la table.

Dans les deux fédérations comptant le plus d’adhérents en Belgique, seulement 15 % de CN ayant des responsabilités en Clubs, sont des femmes.

A titre de comparaison, le New York Aïkikaï compte quatre femmes parmi les vingt enseignants de haut niveau dont une 7ème dan et une 6ème dan.
Les femmes sont-elles moins soucieuses de marquer leur niveau par l’obtention de grade ?
Ce que nous constatons souvent, c’est que le nombre de pratiquantes dans un dojo est d’autant plus élevé que la pratique y est souple. Pour autant les femmes, même si elles y sont moins nombreuses, sont toujours bien intégrées au sein des dojos dans lesquels la pratique est plus rude.
En échangeant avec des pratiquantes de tous niveaux, nous rencontrons diverses attentes, des modes de pratique différents, du plus éthéré au plus martial, du goût pour les armes, une recherche de bien-être, de détente, d’affirmation de soi, un travail technique sérieux et précis, soit autant de diversité que l’on peut trouver chez des pratiquants masculins.

 

Professionnels et amateurs en Aïkido

L’enseignement de l’Aïkido dans le monde se partage entre professionnels et amateurs, ces derniers représentant sans surprise une très large majorité. Loin de faire exception, la France, au premier rang des nations en terme de pratiquants, voit le nombre des professionnels stagner, et peut anticiper sa diminution dans un futur proche. Rejoint-elle ainsi ou s’écarte-t-elle des traditions martiales ? Quelles sont les raisons de la situation actuelle? Est-ce une évolution souhaitable ou à redouter ?

Un peu d’histoire
La pratique martiale est un monde où les idées reçues ont la peau aussi dure qu’elles sont nombreuses. L’une d’entre elles veut qu’un véritable maître d’arts martiaux soit désintéressé, une sorte de sage n’aspirant qu’à vivre en haillons dans les bois, se nourrissant d’herbes et d’eau fraîche tout en conversant avec les oiseaux. Un mélange de maître Yoda mâtiné de maître Po de la série Kung Fu, et, bien évidemment, de Ueshiba Moriheï. La campagne japonaise était-elle donc peuplée d’ermites maîtres en arts martiaux ?

Les enseignants de Bujutsu du passé étaient employés par des clans, et/ou possédaient leurs propres écoles. Certains, tels les maîtres du clan Yagyu, étaient eux-mêmes des seigneurs. Professionnels, ils vivaient confortablement, voir avec grandeur pour les plus célèbres dont la renommée équivaudrait à celles de grands sportifs actuels. Tsukahara Bokuden, fondateur du Kashima Shinto-ryu, se déplaçait par exemple avec 80 suivants, des chevaux de rechange et un aigle au poing.
Si tous les adeptes n’eurent pas, loin s’en faut, les moyens d’un Bokuden ou d’un Yagyu, en tant que professionnels ils cherchèrent, sinon la richesse, du moins une situation leur permettant de vivre de leur art et de l’approfondir. Le maître vagabond, image romantique s’il en est, ne peuplait que l’imaginaire des romanciers. Son incarnation la plus célèbre, Miyamoto Musashi, fut d’ailleurs loin d’être le nomade sans le sou que décrit Yoshikawa Eïji. Etablissant sa première école avant d’avoir trente ans, Musashi fut ensuite au service ou invité de divers seigneurs. Il vécut confortablement, faisant en outre en sorte de trouver d’importants postes de vassaux à ses deux fils adoptifs.

De Iizasa Choïsai Ienao à Takeda Sokaku, en passant par Tsukahara Bokuden, Yagyu Muneyoshi, Miyamoto Musashi ou Yamaoka Tesshu, une étude sérieuse nous permet de constater que les grands adeptes qui marquèrent l’histoire des Bujutsu japonais furent des professionnels vivant de leur art.


Et Ueshiba Moriheï ?
Ueshiba Moriheï naquit dans une famille extrêmement aisée. De par son père, mais surtout de par son oncle qui le finança durant une grande partie de sa vie. C’est grâce à leurs fonds qu’il put monter son expédition dans le Hokkaïdo, et grâce à leur argent encore, qu’il put payer les sommes colossales que coûtaient les cours de Takeda Sokaku. Peu après ses trente-cinq ans, il devient enseignant professionnel, notamment grâce à l’ouverture du Ueshiba Juku. Dès lors et jusqu’à sa mort, il sera un professionnel des arts martiaux, vivant grâce aux dons de ses élèves, et de diverses sociétés et associations. La famille Ueshiba accumulera une fortune colossale de son vivant, permettant la création du Hombu dojo de l’Aïkikaï, une extravagance dont on à peine à imaginer ce qu’elle représentait à la fin des années soixante. L’Aïkikaï, comme chacun sait, prospère encore de nos jours.

Jusqu’à Ueshiba Moriheï, la longue tradition martiale japonaise repose donc sur des lignées d’enseignants professionnels. Le monde ayant évolué, la pratique martiale s’est démocratisée, aboutissant à l’apparition d’enseignants amateurs. Si cela a des avantages indéniables, quelle serait la conséquence de la disparition des professionnels ?


A-t-on besoin de professionnels en Aïkido ?
Il est évident que l’Aïkido peut, pendant un certain temps, être étudié avec un enseignant amateur. Je préciserai toutefois qu’il me semble important qu’un pratiquant soit mis au plus vite, même de façon brève et occasionnelle, au contact d’un adepte de haut niveau, par exemple à l’occasion d’un stage. Sans doute ne comprendra-t-il rien de ce qu’il réalise. Mais son horizon qui était délimité par son enseignant prendra immédiatement une profondeur inattendue, et libèrera ses progrès. Son professeur qui représentait un sommet qu’il imaginait sans doute mal que l’on puisse dépasser, prendra sa véritable place, celle d’un pratiquant plus avancé qui saura le guider vers les hauteurs qu’il aura découvertes.
S’il est donc acquis que l’on peut étudier avec un enseignant amateur, que représenterait clairement la disparition des professionnels? Tout simplement une baisse générale du niveau des pratiquants, mais surtout, de la discipline elle-même. Des savoirs disparaitraient, les capacités régresseraient, et l’Aïkido, désormais moins efficace dans tous ses domaines de compétences, entrerait dans une phase de déclin qui se terminerait probablement par sa disparition.
Mais qu’est-ce qui distingue réellement un professionnel d’un amateur ?


Professionnel et amateur, quelles différences ?
Le mot amateur a plusieurs définitions. Celle d’une personne aimant une chose, et celle d’une personne s’adonnant à une activité par plaisir, sans en faire une profession. Il y a par ailleurs un sens péjoratif, qui ne m’intéresse pas ici. En France les amateurs représentent la quasi-totalité des enseignants en Aïkido. Il s’agit de passionnés qui pratiquent en dehors de leurs heures de travail, et n’en tirent pas un revenu principal. Leur présence permet à l’Aïkido d’être pratiqué par le plus grand nombre aux quatre coins du pays, et a permis un développement important de la discipline. Leur présence est bénéfique et souhaitable pour l’Aïkido et ses pratiquants.

Un professionnel se définit comme celui qui fait profession d’une activité, qui l’exerce de manière compétente. En un mot, qui fait preuve de professionnalisme. Mais cette catégorie est loin d’être homogène, et on distingue très rapidement deux groupes, celui des enseignants professionnels, et celui des enseignants de haut niveau.
Les enseignants professionnels forment évidemment le groupe le plus important. Vivant de leur enseignement, ils multiplient les heures de cours, permettant ainsi aux élèves passionnés de pratiquer à volonté. Les professionnels de haut niveau sont bien plus rares. 

En Belgique, il n'existe pas de professionnalisation de la discipline, les enseignants tout en restant donc labélisés comme amateurs, verront avec le temps, le développement, l'expérience et l'ouverture d'esprit, emerger parmi ces ''amateurs'' des enseignants pouvant être considérés comme des professionnels de la discipline, toutefois, si tout ces éléments sont bels et bien rassemblés, qu'ils soient considérés comme tel, ne change rien à leurs visions ou leur manière d'être, dès le moment opu aucun profis financier ne rentre en ligne de compte.

Il est donc important chez nous, de choisir son enseignant suivant sa modestie, sont ouverture d'esprit et surtout sa générosité d'enseignement.

 

La psychologie et  L'aikido un Art de vivre

Les origines :

Le fondateur et le créateur de l'Aikido, O Senseï, a connu les atrocités et les souffrances de la guerre, son désir de vaincre et son désir de paix ont été si grands, qu'il imagina une technique de combat lui permettant de vaincre son adversaire en utilisant l'attaque de celui-ci et en lui démontrant l'inutilité du combat.

En utilisant l'energie de son ennemi, il cherchait à rétablir l'équilibre et la paix, en Aikido, chaque mouvement, chaque technique de combat débute par l'attaque de l'adversaire, sans cette attaque, l'Aikido n'a pas de sens, en fait, en l'absence d'une attaque adverse, l'Aikido n'existe pas, aucun mouvement n'est nécessaire car l'harmonie et l'intégrité pgysique des personnes n'ont pas été brisées.
 
L'Aikido c'est simplement rétablir l'harmonie :
 
''Car finalement, il existe trois sortes de victoires;
Gagner après s'être battu;
Gagner avant de se battre;
Gagner sans se battre;
Cette dernière est le moyen de l'Aikido''
 
Utiliser l'energie :
 
Pour rétablir l'harmonie, celui qui pratique l'Aikido, untilisera l'energie de son adversaire afin de le controler, le mettre hors de combat, lui démontrer l'inutilité de ce combat.
Plus l'attaque est agressive, plus l'energie permettant de vaincre l'adversaire sera facilement utilisable afin de le mettre hors de combat.
La limite des moyens pour mettre hors de combat un attaquant est relié à sa dangerosité, au delà de la propre energie de cet attaquant qui est disponible et peut être retourné contre lui, celui qui pratique l'Aikido lorsqu'il grandit dans la maîtrise de son Art, est en mesure de canaliser à travers lui, l'energie de tout ce qui l'entoure, l'energie de ''l'univers''.
En Aikido, cette energie disponible à travers le corp, se nomme le Ki, pour celui qui est en contact avec cette energie universelle, aucune attaque n'est à craindre, aucune attaque n'est redoutable, en demeurant en contact avec cette energie, l'Aikidoka arrive à vaincre sans se battre, il entretient la paix et la guerre n'existe pas.
 
Le respect de soi :
 
La philosophie de l'Aikido et la pratique de cet Art, ont une influence majeure sur ceux qui le pratique, avec l'apprentissage de l'Aikido, vient la pratique du respect d'autrui et par conséquent du respect de soi.
Dès le début, il est surprenant de remarquer le grand respect des personnes qui pratiquent l'Aikido entre elles, peu importe le rang que l'élève occupe dans le Dojo et surtout, peu importe ce qu'il est à l'extérieur du Dojo, la façon de pratiquer l'Aikido est très solenelle avec des salutations, des remerciements, des rituels précis dans la manière de faire les choses et un code d'éthique clairement défini.
Ces règles et cette façon d'agir avec les autres, peuvent paraître rigide, mais elles sont très utiles à une époque où l'art d'établir des relations respectueuses se perd.
La pratique de l'Aikido n'est pas facile, elle demande de la discipline et de la volonté, la discipline de l'esprit et la discipline du corps sont essentielles à celui qui veut progresser dans la maîtrise de cet Art.
 
'' Ceux qui attaquent, ne savent pas qu'ils sont blessés.''
 
L'Aikido et le Ki, cette énergie universelle :
 
Selon Maître Ueshiba, le Ki est ;
 
La source de la créativité exprimée dans la forme du Ying et du Yang, la plénitude vitale de la vie, le courage provenant de la rectitude morale, la force divine qui pénètre toutes choses.
 
Ueshiba établis donc un lien avec la pensée d'autres maîtres spirituels, il ramène ainsi l'idée que plusieurs éléments semblent communs à toutes les voies, que l'on parle de Ki, d'énergie divine ou de la force du champ, ces termes décrivent une puissance invisible à laquelle il faut s'accrocher pourvivre en harmonie et rétablir l'équilibre lorsqu'un conflit existe.
L'Aikido et la psychologie transpersonelle :
 
Il y aurait beaucoup à dire sur le lien entre les principes philosophiques de l'Aikido et les aspects théoriques de la psychologie transpersonelle, limitons nous à l'identification d'une connaissance universelle commune qui semble se dégager des grands courants de pensées qui ont pris naissance aux quatres coins de la planète depuis des milliers d'années.
En lisant sur l'Aikido et à propos des explications qui sont données sur le ''Ki'', cette énergie vitale et universelle qui circule en chacun de nous, nous avons l'impression qu'il existe des facteurs communs à toutes ces voies ou alors qu'il s'agit de la même voie sous différentes représentations.
 
 
 
 

Le Kagami Biraki

Fêté le 11 janvier au Japon, le Kagami biraki signifie « Ouvrir le miroir » et non pas « Briser le miroir ».

Traditionnellement, on brise le couvercle d'un tonneau de saké (komodaru) afin de le déguster lors d'une cérémonie shinto.

Lors de cette cérémonie, les participants échangent des mochi appelés kagami mochi (???) qui représentent le miroir dans lequel ils doivent se regarder pour faire un point sur l'année écoulée.

Le shogun Tokugawa  fut le premier, il y a trois cents ans, à introduire cette cérémonie. Avant de partir en guerre, il brisa le couvercle d'un tonneau de saké afin de partager avec ses daimyos. Ils remportèrent la victoire : une tradition était née.

Plusieurs arts martiaux et dojos ont introduit cette cérémonie afin de souligner le premier entraînement de la nouvelle année.

 

LES STYLES ET ECOLES EN AÏKIDO

Introduction.

  • Les styles d’Aïkido pratiqués aujourd’hui par un grand nombre de Maîtres qui ont étudié avec O Sensei, ont peu à voir, sur le plan technique, et philosophique avec l’art du fondateur.
  • Pourquoi cette différence,
  • alors que nous savons que les élèves imitent le Maître et que l’on peut souvent identifier les élèves d’un professeur donné en observant leur style.
  • Il faut savoir que souvent ces Shihan ont étudié peu de temps sous la conduite directe de O Sensei, à l’exception de Yochiro Inoue, le neveu de Maître Ueshiba, Gozo Shioda, le fondateur du Yoshinkan Aïkido et de Tsutomu Yukawa et après la guerre Morihiro Saito.

 

Les Uchideshi d’avant guerre (élèves interne au Dojo) ont travaillé pendant cinq ou six ans au maximum avec O Sensei. C’était certainement suffisant pour devenir efficace dans cet art, mais pas assez pour maîtriser le vaste répertoire technique de l’Aïkibudo et de ces nombreuses subtilités.

On peut en dire autant de la période d’après guerre. Sont compris parmi les initiés de cette époque, Sadateru Arikawa, Hiroshi Tada, Seigo Yamaguchi, Shoji Nishio, Nobuyoshi Tamura, Yasuo Kobayashi et plus tard Yoshimitsu Yamada, Mitsumari Kanaï, Kazuo Chiba, Seichi Sugano, Mitsugi Saotome, Koichi Tohei, Kisaburo Osawa. Aucun de ces professeurs n’a étudié pendant la moindre période prolongée sous l’enseignement direct de O sensei.

Cela s’explique car avant la guerre le fondateur avait pris pour base le Dojo Kobukan de Tokyo mais était aussi très actif dans la région de Kansai et possédait une maison à Osaka ; Il voyageait donc beaucoup et passait une à deux semaines par mois éloigné du Dojo du Kobukan.

Pendant la guerre et après celle-ci O Sensei s’installa à Iwama et recommença à voyager vers 1950 ; il ne faisait donc que de courtes étapes à Tokyo. Le fondateur n’a donc pas enseigné à Tokyo de façon régulière.

Les principaux professeurs au Hombu Dojo dans les années d’après-guerre ont été Koichi Tohei Sensei et Kisshomaru Ueshiba. Ils sont donc les principaux responsables du contenu technique et de l’évolution du système Aïkikaï et par ce fait les professeurs des grands Maîtres actuels.

Les différents styles et écoles actuelles

Iwama Ryu Aïkido.

C’est le style représenté par Maître SAITO (31 Mars 1928 – 13 Mai 2002) Maître Saito a étudié l’Aïkido pendant vingt-trois ans avec O Sensei , de l’été 1946 au décès du fondateur le 26 Avril 1969 et fut le seul instructeur, hormis le fondateur lui-même, à pouvoir enseigner les armes de l’aikido à l’Aïkikaï de tokyo.

Ces cours étaient parmi les plus populaires du centre mondial. Le dimanche matin, pendant de

nombreuses années, les élèves de Tokyo vinrent pratiquer les techniques à mains nues et les armes sous sa direction. A la mort du fondateur il devint le gardien du Dojo d’Iwama et de l’Aïki Jinja (sanctuaire de l’Aïkido) et fit de son mieux pour préserver la technique originelle de Maître Ueshiba.

Dans les années soixante-dix, la publication d’une série de cinq manuels techniques nommés

«Traditionnal Aïkido» qui font référence, contribuèrent à lui assurer la réputation de meilleur technicien de cet art martial. Ces livres contiennent des centaines de techniques à mains nues, à l’aiki ken et à l’aiki jo, et comprennent les contre techniques. La série de films qui compléta les livres reçut un accueil enthousiaste.

Au fil des ans, Morihiro Saito a formé de nombreux instructeurs qui enseignent sa forme d’aïkido à l’extérieur du Japon. Couramment appelée « aïkido d’Iwama », cette forme d’aïkido est devenue synonyme d’un entraînement où l’on met autant l’accent sur les techniques à mains nues que sur les techniques d’armes, en effet Maître Saito pensait que le travail des armes est un facteur essentiel à la compréhension profonde des techniques à mains nues. Hors ces techniques d’armes avait été peu enseignées, par O Sensei, à l’Aïkikaï.

En Belgique :

Iwama Ryu Aikido, compte moins de 10 clubs, ce style est surtout développé au Maroc, enseignement Iwama est régis en Belgique par,

TOUTAIN DANIEL, VAN PARYS CARLO, …

 

L’Aïkikaï.

C’est le style le plus répandu. Il correspond au développement du style du fondateur par son fils Kisshomaru UESHIBA (27 Juin 1921- Janvier 1999). Celui-ci, motivé par sa mission de promoteur de l’Aïkido à travers le monde, a modifié et simplifié le style enseigné par son père afin de le rendre plus accessible. Il est représenté aujourd’hui par Moriteru Ueshiba, troisième Doshu, petit fils de Morihei Ueshiba, gardien de la lignée qui prit sa source avec le Fondateur.

En Belgique :

l’école Aikikai est représenté par les fédérations UbeA et AFA, qui compte environ 70 clubs en Belgique, ces fédérations ne doivent leur succès, au fait qu'elles possèdent le monopole de recevoir des reconnaissances Aikikai, moyennant finances, cette école est régis en Belgique par,

BURNAY JEAN, PICRIT SERGE, RICHE ROGER, LECLERCQ DANY…..

 

L’Aïkibudo.

C’est le nom donné à la forme qu’enseignait le fondateur Ueshiba Morihei au début du développement de son art. Le terme est apparu en 1941 associé à KOBUKAI AIKIBUDO puis à TENSHIN AIKIBUDO.

C’est maïtre Ueshiba qui l’utilisa pour nommer son art bien avant qu’apparaisse le mot AÏKIDO.

L’histoire nous rappelle qu’à la fin du XIXe siècle, à l’issue de combats fratricides entre clans, le temps des samurai en armes prit fin. Le seigneur Saïgo Tanomo, décida alors d’autoriser l’enseignement de ces techniques à certaines personnes extérieures à son clan.

En 1898, Takeda Sokaku formalisa tout l’héritage martial qu’il avait reçu de Saigo Tanomo, sous lenom de Daïto Ryu Jujutsu et en assura la renommée, par son immense compétence. Il installa son écoleà HOKKAIDO, île du nord du Japon.

De 1920 à 1931, Maître TAKEDA Sokaku transmit à son disciple UESHIBA Morihei, les

connaissances de bases et les techniques du Daïto Ryu Aïki Jujutsu. Maître Ueshiba transmit à son tour, après les avoir fait évoluer, ses connaissances à des élèves qui allaient devenir eux aussi de grands Maîtres.

En Belgique :

L’école Aikibudo est représentée par une trentaines de Clubs évoluants sous diverses fédérations, c’est pour ce style de pratique que O sensei avait envoyé de par le monde divers maîtres, et dont bénéficia la Belgique avec ABE, MURASHIGUE Aritomo, TOMITA

Cette école fut développées via 2 des 3 premiers gradés CN de notre pays, CLASSENS et LINDEBRIGHT, ce style est encore enseigné en Belgique par,

FREDDRIX ANDRE, SCHOOTE BAUDUIN, MEYS JOSE, LEONARD ERIC, …..

 

Le Yoseikan Budo où ’Aïkido Yoseikan.

Ce style a été développé par Minoru MOCHIZUKI. C’est en fait une synthèse de plusieurs arts martiaux, comme le Judo, le Karaté, le Jujitsu et l’Aïkido. Les différences principales avec l’Aïkido de Maître Ueshiba sont l’ajout de techniques de pieds (ashi), de sacrifices (sutemi), de techniques au sol (ne wasa) et de Katas.

Né en 1907, maître Mochizuki fut 10e dan d’Aïkido, 9e dan de Ju-Jistsu, 8e dan de Judo, 8e dan d’Iaïdo et 8e dan de Katori Shinto Ryu. Elève direct de Maître Jigoro KANO (créateur du Judo), il fut envoyé auprès de Maître Ueshiba (créateur de l’Aïkido), par celui-ci, pour apprendre l’Aïkido.

Il fonde en 1931 un Dojo qu’il nomme « YOSEIKAN » (reconstruit après la guerre en 1950), où il enseigne le Judo, l’Aïki-Jujitsu, le Iaïdo et le Kobudo (Katori Shinto Ryu).

Maître Mochizuki fut le premier à présenter l’Aïkido en France. En 1951, il est envoyé en Europe pour une mission culturelle officielle. Pendant deux années il fit découvrir l’art de son maître, selon sa propre expérience martial sous le nom d’AÏKIDO-JUJUTSU.

A son retour au Japon, Maître Mochizuki forma un jeune judoka français, Jim ALCHEIK, disparu tragiquement en 1962. Pour assurer l’avenir de l’Aïkido-Jujutsu en France, Alain FLOQUET, alors jeune deuxième dan, prit contact avec Maître Mochizuki qui envoya à Paris, en 1963, son fils Hiroo.

En 1970, Hiroo Mochizuki, appelle son école YOSEIKAN BUDO en hommage à son père, puis en 1975 il y se crée la Fédération Française de Yoseikan Budo.

En 1980, une scission apparaît, en accord avec Minoru Mochizuki. Maître Floquet décide de nommer le contenu de sa pratique « AÏKIBUDO »; il reprend ce terme ancien de O Sensei, et représente l’AÏKIBUDO de Maître Mchizuki associé à l’école d’armes du Katori Shintô Ryu.

Dans le même temps Hiroo Mochizuki conserve le nom de « Yoseikan Budo » mais sans aucun rapport avec l’Aïkido Yoseikan de son père.

En Belgique :

Il existe très peu de Club ayant continué a développer ce style, beaucoup sont repris sous l’appellation Aiki-jutsu.

 

Le Yoshinkan.

C’est le style créé par Gozo SHIODA 10e dan (9 Septembre 1915 - 17 juillet 1994). Il entra au Dojo de Morihei Ueshiba à l’âge de 18 ans en 1933 et s’entraîna comme Uchi-Deshi pendant huit années. Puis, peu de temps après la guerre, Shioda Sensei quitta le Dojo de Maître Ueshiba et entreprit de divulguer l’Aïkido à travers le Japon.

En 1954, il fonde l’organisation Yoshinkan. Yo signifie « développer », Shin veut dire « esprit » et Kan désigne le lieu de pratique. Ce style est considéré comme « plus dur » et met l’accent sur les atémis.

L’Aïkido Yoshinkan, par son approche rationnelle et claire, aide à mieux faire comprendre, travailler et sentir les principes fondamentaux de l’Aïkido. L’accent est toujours mis sur une pratique rigoureuse.

Pami ses Uchi-Deschi, Jacques MUGURUZA, disciple résident au Dojo durant cinq ans, fut l’un de rares occidentaux autorisé à enseigner. C’est en 1982 qu’il introduit l’Aïkido Yoshinkan dans l’hexagone lors de son retour en France.

En Belgique :

Il n’y a qu’un seul Club développant ce style, le club harmonie, cette méthode est représentée par,

HANNOSET ROGER, MEULEMANS TONY, MENET J-C, LAMMENS ERIC,…

 

Le Tomiki Ryu Aïkido.

Ce style est celui de maître Kenji TOMIKI qui voulait "rationaliser " l’enseignement de l’Aïkido, tout comme le faisait Maître Kano. Il a notamment voulu introduire l’idée de compétition, afin de ne pas dénaturer les techniques d’Aïkido et de les tester dans les situations de combat ; d’autre part l’école Tomiki se caractérise également par ses Kata (formes techniques pré arrangées), en plus de la compétition à mains nues ou avec couteau.

Il fut en automne 1926 présenté à Maître Morihei UESHIBA à Tokyo par un de ses amis du club deJudo de l’université de Waseda. Il fut tout de suite fortement impressionnée par les techniques d’Aïkido.

A partir de ce jour il étudia régulièrement avec le fondateur .

En 1934, il se rendit en Manchourie en Chine, en tant qu’instructeur d’Ushiba-Ryu Aikijujitsu sur la demande de l’armée cantonaise qui était la force japonaise officielle stationnée en Manchourie (alors protectorat japonais). Les techniques de Tomiki ont été hautement louées par le commandant de l’armée cantonaise et cela contribua à augmenter la popularité de l’Aïkido.

Au printemps 1938 il enseigna l’Aïki-Budo (le nom de Ueshiba-Ryu à l’époque avant d’adopter le nom d’Aïkido), à l’université de Kenkoku. A partir de cette période, la recherche et l’entraînement en Aïkido

de Tomiki devînrent de plus en plus fort.

L’Aïkido club de Waseda a été formé au printemps 1958, c’était un « prototype » pour tester l’Aïkido de compétition. Le Shodokan a été formé en avril 1967, en tant que premier Dojo de Tomiki exclusivement consacré au développement et à l’enseignement de son Aïkido Shodokan.

En Belgique :

Cet enseignement de l’Aikido n’est représenté en Belgique, il s’est surtout développé aux états unis.

Le shin-shin Toitsu Aïkido.

C’est le style fondé par Maître Koichi TOHEI, qui s’est détaché de l’AÏkikaï de Tokyo en 1974. Shinshin Toitsu signifie l’unification du corps et de l’esprit. Ce style développe la voie du Ki. Il donne une importance particulière à l’aspect du contrôle de l’énergie.

C’est l’un des styles les plus doux de l’Aïkido, dans lequel on trouve de petits bons exécutés par les pratiquants. Cette école attache une faible importance aux applications martiales, car elle considère les techniques uniquement comme un moyen de développer le Ki.

On voit aujourd’hui que ce style s’éloigne de plus en plus de l’Aïkido traditionnel, car il s’oriente vers la santé et l’étude du Ki. Cette école est particulièrement implantée au Etats-Unis.

En Belgique :

Très peu de Club et donc d’enseignant, ont adopter et accroché à cette méthode d’Aikido, très spécifique, néanmoins, celle-ci y est toujours enseignées par,

BONNIVERT ANITA,

 

Le Shinei Taido.

Noriaki Inoue est le neveu de Ueshiba Morihei et fut élevé pendant plusieurs années au sein de la famille de ce dernier. Maître Inoue acquit la plus grande partie de son expérience dans les arts de combat sous la direction de Morihei Ueshiba.

La participation d'Inoue comme instructeur assistant commença au milieu des années 20, sous la direction de Maître Ueshiba, puis se poursuivre au Kobukan Dojo. Plus tard de 1932 à 1935, il fut instructeur en chef du Senyokai Budo, qui se trouvait à Kameoka. il enseigna aussi l'Aïki Budo dans différents quartiers d'Osaka.

A la suite des événements qui marquèrent le second incident de la secte Omoto, Inoue prit ses distances avec Maître Ueshiba et les deux hommes se recontrèrent peu par la suite.

Après la guerre Maître Inoue enseigna de façon indépendante à Tokyo et nomma son art Aïki Budo. Plus

tard il le nommera Shinwa Taido et enfin l'appela Shinei Taido. Il nous a quittés le 13 Avril 1994 à l'âge de 92 ans.

En Belgique :

Il n’y a pas d’enseignement de ce style a notre connaissance.

 

Kinomichi. Aikido

Masamichi Noro est né le 21 Janvier 1935 à Amori, ville au Nord du Japon

En 1955 Maître Noro rencontre maître Morihei Ueshiba, le fondateur de l'Aïkido. Il étudiera auprès de O'Sensei de 1955 à 1961 en tant qu'Uchi-Deshi (élève interne, vivant auprès du maître).

En 1961, à la demande de maître Ueshiba, Masamichi Noro, devient délégué officiel de l'Aïkikaï de Tokyo pour l'Europe et l'Afrique. Il arrive en France à Marseille le 03 septembre 1961, et prend la suite de Tadashi ABE pour développer l'Aïkido. Il accueille à leur arrivée en France, maître NAKAZONO Matsuro en 1963 et TAMURA Nobuyoshi en 1964.

En 1966 il est victime d'un très grave accident de voiture. Pour retrouver sa condition physique, il mettra au point une pédagogie et une approche des mouvements qui seront la base du KINOMICHI.

En 1967, Masamichi Noro crée l'Institut M NORO à Paris 18e , rue de Constance. En 1972 Maître Noro change d'attitude et renonce au combat avec soi et avec les autres, il s'éloigne des aspects martiaux de l'Aïkido comme de l'esprit de conquête et de l'agressivité, qui sont une perte d'énergie, tout en conservant la philosophie, la tradition, la terminologie. Cette nouvelle voie, il la nommera KINOMICHI, la voie de l'énergie.

En 1991, le centre International NORO KINOMICHI est créé pour enseigner et promouvoir le KINOMICHI dans le dojo de la Fontaine, Paris 10e, boulevard de Strasbourg.

En septembre 2000, le Centre International NORO KINOMICHI est transféré au KORINDO Dojo à Paris 17e, boulevard de Batignolles.

En 2001, affiliation du Centre International NORO KINOMICHI à la FFAAA (Fédération Française d'Aïkido Aïkibudo et Affinitaires), en tant que discipline Affinitaire.

En Belgique :

Bien que cette méthode encore très jeune, développée par maître NORO, soit dispensée dans nombre de pays a travers le monde, Seules 6 Clubs enseignes cette méthode chez nous, vous trouverez les adresses des Dojos sur le site du kinomishi, l’enseignement est entre autre dispensé par,

GREUZAT GERARD, LEMMER DOMINIQUE, …

 

Le KiShinkai  Aikido.

Cette école est la plus jeune, la plus récente, elle a été créée par Maître TAMAKI Léo, Débute l'Aïkido avec Jacques Bardet et devient ensuite élève de Tamura senseï et Suga senseï.
Pratique trois ans à l'Aïkikaï de Tokyo notamment avec les maîtres Tada, Arikawa, Masuda, Watanabe, Osawa, Sasaki et le Doshu.
Elève de Kuroda Tetsuzan, soke du Shinbukan Kuroda ryugi, Hino Akira, fondateur du Hino budo, Kono Yoshinori et Akuzawa Minoru, fondateur de l'Aunkaï qu'il fait venir régulièrement en France.

Le Kishinkai est une école d’Aïkido fondée par Léo Tamaki, avec le soutien d’Issei Tamaki, Julien Coup et Tanguy Le Vourc’h

Le Kishinkai Aïkido se caractérise par l’influence de différents maîtres : Tamura Nobuyoshi en aikido, Kuroda Tetsuzan du Shinbukan Kuroda dojo, Hino Akira du Hino Budo Institute et Kono Yoshinori. Ces trois derniers sont invités régulièrement en Europe par Léo Tamaki

En Belgique :

La méthode compte 5 Clubs dans notre pays, est est représentée principalement par,

LEJEUNE ARNAUD, CROMMELYNCK STEPHANE, ….

 

Comment se décernent les ''Dan'' dans notre Aikido ?

Du 1er au 3em Dan inclus, un programme spécifique est établis pour chaque examens, les 1er Dan doivent en général nous développer l'ensemble des mouvements Aikido et seront donc jugé sur la connaissance brut du programme, c'est d'ailleurs pour cela, qu'une fois acquis, l'étude proprement dite de la discipline va pouvoir débuter, pour le second, nous jugerons sur les aptitudes d'adaptations a sortir les mouvements dans divers circonstances, pour le 3èm, nous attendrons un développement de ressentis, de plaisir, de fluidité dans le développement du programme.

Pour le 4èm les choses se corses un peut, il sera demandé de développer plusieurs mouvement autour d'un principe, d'une idée, les candidats devront avoir acquérit les aptitudes nécessaire à pourvoir communiquer la discipine a travers divers stages, pour le 5èm ue thèse sur un aspect, un mouvement ou une philosophie de la discipline sera demandée par écrit, l'examen portera ensuite, sur la capacité à démonter cet écrit par la pratique.

A partir du 5èm il n'y a plus d'examens a proprement parlé, toutefois certaines conditions doivent être regroupées, pour acquérir un 6em, celui-ci doit être proposé par un 8em ou deux 7em minimum, le candidat doit avoir un club et enseigner depuis plusieurs années, il doit avoir former plusieurs ceintures noires et dispenser régulièrement des stages.

Les 7em et 8em sont décernés sur les mêmes principes, et tiennent compte en plus de l'age, l'expérience et le temps de pratique des candidats, des délais sont d'ailleurs souvent mis en place entre chacun de ceux-ci.

Au delà du 8em, il n'y a plus de grade Dan, sauf quelques exeptions au Japon souvent a titre postume, sachez toutefois, qu'aucun grade ne se réclame, ceux ci sont octroyer sur décisions de plus hauts gradés et ce, sans en demander l'avis aux concernés.

Que veut dire ''école traditionnelle'' ?

De nos jours, beaucoup de clubs d'arts martiaux, se revendiquent ''traditionnelle'', nous parlerons ici de la section Aikido, la tradition impose un enseignement en ligne direct sans rectifications, adaptations, changements etc..

Si nous prenons le cas de notre discipline, un club portera légalement le titre de traditionnel, si l'enseignement qui y est décerné vient directement de du développement de O Sensei sans avoir trop subit d'influence diverses en court de route, lorsque c'est le cas, l'enseignement porte le nom de l'école ayant développer ces divers changement et adaptations.

Ainsi par exemple, nous aurons l'Aikido école IWAMA, venant de maître Saito qui après avoir quitté O sensei a modifié et codifier a sa façon la pratique de l'Aikido et y a développer beaucoup plus les armes, ce n'est donc plus une école traditionnelle, vous aurez aussi l'Aikido Kinshikai de notre ami Léo tamaki, ou encore l'Aikido shishinkai, toutes ces écoles ayant développer un Aikido différent, ne sont donc plus apte a porter l'appellation ''traditionnelle''.

Ou donc se situe le Kokyu Aikido de Chatelet ?

O sensei Ueshiba

_________________________________________________I____________________________________________

    I                                                                                             I                                                                                       I

                Saito                                                Murashigué    (délégué en Belgique par O sensei)                                    autres courants 

I                                                                                            I                                                                                  .

Iwama ryu                                                                  Lindebringh                                                                                .

         I

    freddrix A.

       I

    JOSE ET ERIC

Vous constatez via ce bref shéma, que note Aikido de chatelet n'ayant subit que très peu d'influence, peu en effet se revendiquer comme étant la méthode traditionnelle, contrairement aux exemples d'écoles cités ci-dessus.

Le lacher prise !!!

Lâcher prise, c’est accepter ses limites

A force de vouloir contrôler tout ce qui nous entoure, nous gaspillons notre énergie et perdons notre sérénité. D’où le fameux “lâcher-prise” ! Une attitude intérieure d’ouverture à la vie et aux autres

Quelle est donc cette « prise » qu’il conviendrait de desserrer ? Cette attitude est-elle compatible avec un positionnement responsable ? Si oui, comment passer du concept à la pratique ? Les enseignements de sagesse traditionnels s’articulent tous autour de cette question. Nous pouvons donc nous tourner vers eux et y chercher des réponses, qu’il nous appartient ensuite de faire nôtres. 

La pratique la plus simple et efficace du lâcher-prise consiste donc à s’exercer à demeurer un ici et maintenant avec ce qui est ?

Cette pratique n’exclut en rien l’aptitude à prévoir, à organiser ni ne nous dispense de nos responsabilités. L’attitude d’ouverture inconditionnelle à l’instant ne conduit nullement à baisser les bras, à tolérer l’intolérable. Le lâcher-prise, dans l’immédiateté, est totalement compatible avec l’action dans la durée. Le lâcher-prise n’est pas se résigner mais être conscient de ses limites. Je marche dans la rue, un vieillard se fait renverser sous mes yeux. Le fait que je pratique ici et maintenant le lâcher-prise (sur des questions comme : est-ce grave ? sa vie est-elle entre mes mains ?) ne me conduit pas à m’abstenir de lui venir en aide. Bien au contraire, en m’épargnant les pensées parasites ou les atermoiements, ce positionnement intérieur me permet d’agir plus vite, dans la mesure exacte de mes possibilités.

Kishinkaï, la méthode de Mtr Tamaki Léo

Léo Tamaki, un maître que je conseil depuis plusieurs années, a découvrir pour tout les pratiquants, vous fait travailler l'Aikido Kishinkaï !

Mais que veut dire Kishinkaî ?

Ce mot est en fait désigne l'association difusant l'enseignement de Léo Tamaki et réunissant ses élèves.

Kishinkaî est un mot Japonais composé de 3 Kanjis, les idéogrammes utilisés au Japon.

KI : être joyeux, se réjouir

SHIN : approfondir

KAÏ : Association, groupe

Le Kishinkaî est donc, l'association, le groupe ou l'on approfondi dans la joie.

 

Pratiquer seul !

Beaucoup m'ont déjà demander l'interêt qu'il y avait a pratiquer seul et que peut-on bien pouvoir faire seul ?

Pourtant beaucoup parmi vous m'ont déjà mainte fois vu pratiquer seul, sans faire vraiment le rapprochement avec la pratique elle même, souvent lorsque vous êtes à l'échauffement, de mon coté je pratique seul, ce qui pour vous pourrait également faire penser à un échauffement est en fait cette pratique.

Pratiquer seul, inclu forcément la connaissance des mouvements, dès lors chacun est apte a cet exercice, suivant vos niveaux de connaissance, une ceinture blance peut très bien s'entrainer seul sur ses tai sabaki, dès qu'un moiuvement est à l'étude, il peut également le pratiquer seul en imageant son uke devant lui !

l'interêt de cette pratique n'est évidemment pas de l'affiner, puisque vous en êtes a l'étude, mais quel que soit le mouvement travaillé, la répétition de vos déplacement et la mise en place systématique de vos mains en défense, feront déjà partie d'un travail très positif, vous habituerez en fait vos corp a enregistrer les mouvements basique apr!s en Dojo, de plus vous commencerez a sentire et travailler également sur vos propres positions d'équilibre.

En fait le travail seul est toujours un atout pour se controler soi-même, sur le plan psychomotricité.

Vous avez les bases et les explications en Dojo, libre a vous maintenant de travailler vos déplacements, seul à la maison ! lol

 

Mais que disent-ils ?

Outre les formule de salut dont déjà développées ci-dessous,

Plusieurs ont remarqué l’utilisation d’une phrase en fin de cours, phrase échangée entre les ‘’professeurs’’ Dan et des élèves Kyu vers les grades Dan.

Mais quelle est cette phrase et surtout que veut-elle dire ?

Dômo arigatô gozaimashita (doomo aligato godzaïmach’ta)

(Dômo : bien, beaucoup, Arigatô : merci, Gozaru : être, verbe très formel)

Se dit en fin de leçon pour remercier le professeur ou pour remercier le partenaire ("je te remercie beaucoup d’avoir pratiqué avec moi"). Dômo arigato gozaimashita est une formule très formelle pour remercier quelqu’un ("Je te présente mes remerciements"). Le langage courant utilise plutôt arigatô gozaimashita (merci beaucoup), arigatô (merci), sumimasen (merci).

Cette phrase de politesse est donc universelle à tout Dojo, et marque un respect et un remerciement envers l’enseignant pour le cours reçus.

Pour les petites mémoires, comme l’a fait notre amis Arnaud à ses débuts, vous pouvez coudre discrètement ce terme dans le revers de votre manche jusqu’à ce qu’elle soit bien assimilée, Mdr

 

Les attentes du professeur

L'investissement des élèves attendu du professeur, est propre a chacun, l'Aikido représente une place très importante dans ma vie, mais il y a des pratiquants pour lesquels la pratique n'occupe pas autant de place dans le quotidien, ils viennent quand ils peuvent, parc qu'ils ont d'autres obligations, d'autres centres d'interets, ce qui est normal.

Par ailleurs au départ, les gens sont un peu perdus, mais lorsqu'ils commencentà se sentir à l'aise, ils prennent plus de plaisir, et si ils prennent plus de plaisir, ils pratiquent généralement plus, avec le temps, l'investissement est donc souvent de plus en plus grand.

Mais quel que soit leur investissement, j'attends des élèves qu'ils soient meilleurs à chaque fin de saison par rapport au début, j'attends que de la même façon que je cherche à être un ''bon ''professeur, ils cherchent à être de ''bons'' élèves, c'est à dire, qu'ils étudient sincèrement, car tu auras beau être le meilleur professeur, si l'élève ne se donne pas les moyens d'apprendre, il n'apprendra jamais.

Tu ne peux pas gaver les gens avec un entonnoir, il y a des personnes qui sont là pour t'aider à avancer, à progresser, mais finalement chacun doit faire son propre chemin, du moment qu'ils donnent le meilleur d'eux-même à leur niveau, je suis satisfait.

(Extrait interview de Issei Tamaki, pour lequel j'adhére totalement)

 

Le Salut en BUDO

 
 De tout temps le salut a fait partie d’une tradition guerrière. Que se soit pour prouver son obéissance à un chef, pour respecter son ennemi ou se faire reconnaître comme membre d’un clan par ce code, le salut a pris différentes formes à travers les âges et les civilisations.
 
     Le salut est devenu l’expression de notion de respect vis à vis des lieux, des enseignants et des partenaires. Il symbolise également les valeurs traditionnelles qu’une école veut perpétuer. Dans notre monde moderne où l’aspect sportif a pris une part importante, le salut à l’adversaire de compétition est vécu par certain comme une formalité vite expédiée et c’est à l’arbitre de faire respecter ce symbole important de l’esprit fair-play des combattants.
 
     L’enseignant se doit de transmettre et de faire respecter cette valeur du salut afin de guider ses élèves dans un esprit d’humilité et de recherche d’élévation spirituelle.
 
     Dans tous les arts martiaux, le salut a une importance particulière : il marque un respect entre les partenaires/adversaires. Dans les budo (arts martiaux japonais), le salut, ou rei, obéit à des règles particulières...
  
     On distingue le salut debout (ritsu-rei) et le salut assis (za-rei  signifiant à genoux) dans la position dite « seiza ».

1-Salut debout (ritsu-rei)

     Le salut debout (ritsu-rei) se fait à l’entrée et à la sortie du dojo en direction de la photo du fondateur d’école ou avant et après chaque exercice avec un partenaire. Le regard en direction de l'endroit où se situe la personne à saluer
     En position MUSUBI-DACHI (talons joints, pieds évasés vers l’extérieur), le corps s’incline d’environ 30° sans arrondir le dos, bras le long du corps et mains le long des cuisses. 

2-Le salut à genoux ou "Zareï"

      Le salut de cérémonie à genoux (za-rei) est le salut qui ouvre et clôture le cours.
     Les commandements sont donnés par l’élève le plus gradé (1er Kyu). Pour descendre à genoux on commence par reculer le pied gauche et descendre le genou droit au sol puis le gauche - attention de garder les orteils fléchis durant cette phase. Ensuite seulement le bassin vient se placer entre les talons, pieds à plat. C’est la position ZAZEN. 
     A chaque commandement (rei) les deux mains viennent se placer devant soi, les deux pouces et les deux index en contact et le buste s’incline comme dans le salut debout. 

Déroulement du salut :

  • Se tenir pieds joints, ouverture à 45°, posture droite, regard portant devant soi, bras aligné le long du corps, dos de la main légèrement orienté devant soi (Musubo-dachi). Sans déplacer les appuis ni les mains, plier les genoux en orientant le genou gauche vers l'avant pour établir le premier contact avec le sol.
  • Ramener l'autre genou à distance de deux poings fermés environ du premier (un poing pour les femmes), pieds en appui sur les orteils, puis sur les coups-de-pied. Prendre appui en se redressant, regard toujours tourné vers l'avant. Les mains sont naturellement placées en haut des cuisses, légèrement orientées vers l'avant, sans prendre appui. Épaules relâchées, coudes près du corps (position seiza).
  • Glisser la main gauche vers le sol pour la placer devant soi, pouce ouvert. Placer la main droite à côté de façon à dessiner une sorte de triangle, symbole d'unité et d'équilibre.
  • Incliner le buste sans relever le bas du corps de façon à placer le visage au cœur du triangle formé par les mains, regard baissé en signe de confiance. La main droite revient ensuite la première. Comme pour l'ordre des genoux, l'ordre des mains correspond à la possibilité de dégainer un sabre.

 

Dans notre Dojo, ce salut est composé de 5 commandements :

  • 1. SEÏZA : "Mettons-nous en Seïza''
  • 2. SHOMEN NI REÏ : "Saluons face à nous"
  • 3. SENSEÏ NI REÏ : "Saluons notre Senseï"
  • 4. SENPAÏ NI REÏ : "Saluons les Senpaï''
  • 5. KIRITSU : "Levons-nous" 

 

3- Différents saluts au long du cours (traditionnellement)

     Chaque salut possède une signification propre, détaillée ci-dessous.

 

Avant le cours

Salut au dojo: il se fait en entrant dans la salle de pratique, en direction du kamiza. C'est un salut debout normal, le buste s'inclinant d'à peu près 30 degrés. On évite en général de beaucoup le marquer, afin de ne pas bloquer trop longtemps le passage. Par ce salut, le pratiquant marque l'idée qu'il entre dans un espace régi par des règles différentes de celle de l'extérieur (la hiérarchie dans le dojo est différente de la hiérarchie sociale habituelle), et qu'il accepte de se conformer à ces règles.

Salut au tatami. Il se réalise au moment de l'entrée sur le tatami. C'est habituellement un salut à genoux profond, le dos s'inclinant à l'horizontale. Il ne faut pas oublier ensuite de ranger convenablement ses zori (les nu-pieds). Ce salut souligne à nouveau l'entrée dans un espace aux règles particulières. Sur le tatami, le pratiquant va en effet autoriser des choses (attaques, contact physique, projection) qu'il ne permettrait pas à autrui hors du cadre de tatami.

Début du cours

Le professeur signale le début du cours par deux saluts :

Salut au kamiza: habituellement le salut le plus profond du cours, on peut le faire en baissant le regard, le dos devant néanmoins rester droit. Il exprime la gratitude du pratiquant à l'égard du fondateur de l'Art Martial pratiqué ainsi qu'à l'égard de l'ensemble des enseignants qui ont permis la dissémination de cet Art Martial dans le monde.

Salut aux instructeurs : si des instructeurs sont présents pour seconder l'enseignant, ce dernier va alors les saluer. Les élèves ne sont pas supposés prendre part à ce salut. Cependant, il n’est pas déroutant de rencontrer certaines variantes en fonction des « écoles » ou « dojo ».

 
Ensuite vient le :

Salut à l'enseignant : toujours un salut à genoux, il se fait en inclinant le buste de 75°. Ce sont normalement les élèves qui initient le salut. Par déférence, il est possible de baisser légèrement le regard. Ce salut exprime la gratitude vis-à-vis du travail de l'enseignant ainsi qu'une reconnaissance de sa position particulière d'autorité dans le cadre du cours.

Déroulement du cours

Début d'une pratique : lorsque l'enseignant donne le signal de pratiquer avec un partenaire, le pratiquant va saluer un de ses partenaires. Ce salut se fait debout si la technique se pratique debout, à genoux dans les autres cas. Dans tous les cas, les saluts doivent être symétriques (si le partenaire salue à genoux, il convient de mettre à genoux pour rendre le salut). S'il s'agit d'un salut debout, il est identique au salut à l'entrée dans le dojo. À genoux, il est moins profond que celui à l'enseignant. Dans les deux cas, le regard ne quitte pas le partenaire. La différence d'ancienneté peut éventuellement se marquer par une différence de profondeur dans le salut. Selon les dojo, la coutume peut être que les pratiquants les plus récents doivent aller demander aux plus anciens de travailler avec eux, ou attendre que ces derniers se proposent d'eux-mêmes. Ce salut initial, de même que celui à l'enseignant, est parfois accompagné d'un « onegaishimasu » ou d'un « s'il te plaît », les anglo-saxons utilisant plus volontiers l'expression japonaise.

Intervention de l'enseignant : il n'est pas rare que l'enseignant interrompe deux partenaires pour éclaircir un point. Il le fera généralement en accompagnant son interruption d'un petit salut, qui lui sera rendu par les élèves. La fin de son intervention sera de même marquée par un échange de salut; elle est parfois accompagnée d'un ouss ou « merci ».

Fin d'une pratique : quand l'enseignant signale la fin d'une séquence de pratique, les partenaires se saluent de même qu'au départ. Dans certains dojo, les partenaires se saluent à chaque changement de rôle entre tori et uke. Ce salut est parfois marqué d'un « domo arigato gozaimashita » ou d'un « merci beaucoup ».

Fin du cours 

La fin du cours est marquée par les mêmes saluts que le début : 

Après le cours

Salut au dojo lorsqu'on en sort, marquant la sortie de cette espace et le retour aux règles sociales habituelles.

Salut au tatami au moment d'en sortir

 

Les grades en Aikido

Le système kyu et dan a été mis en place en 1940 par O Sensei.
L'aikidoka débute au grade de 6ème kyu. La progression est ensuite 5, 4 ... jusqu'au 1er kyu. Les kyu sont décernées par les clubs.

Viennent ensuite les dan, de la 1ère à la 4ème les dan sont attribués par un jury constitué de membres la fédération où évolue le Club, chez nous il s'agit donc de l'Awam et du Shobukaï ryu.

En dehors de ces systèmes fédéraux, l'aikikai de Tokyo délivre également ses grades dan. En Belgique, le passage se fait devant un jury représenté par des Moniteurs Adeps, et moyennant demande et paiement auprès de l'Aikikaî de Tokyo, Vous pouvez également faire cette demande lors d'un passage de grade présidé et/où confirmé par un représentant de l'Aikikaï.


Les 5ème et 6ème dan sont soumises une commission des grades supérieurs constituée de 2 où plusieurs représentant dont  au moins un 7ème dan.
Les 7 et 8ème dan sont décernées par l'aikikai sous l'autorité du doshu.


Tamura Sensei considèrait, comme de tradition, que la 8ème dan est la dernière, la fin d'un cycle. D'autres estiment que l'on peut être 9 voire 10ème dan (surtout à titre posthume).
Tamura Sensei a refusé la 9ème dan.
Le fondateur de l'aikido et sa descendance sortent du sytème de grade.
En aikido il n'existe que deux couleurs de ceinture, blanche ou noire. Toutefois les enfants peuvent porter des ceintures de couleur pour montrer leur niveau kyu : blanc - 6ème kyu, jaune - 5ème kyu, orange - 4ème kyu, vert - 3ème kyu, bleu - 2ème kyu, marron - 1ère kyu.

 

Le port du Hakama en Aikido

Le guerrier japonais d'avant 1868 portait traditionnellement l'hakama.    

Selon les écoles et le niveau de l'aikidoka le hakama est blanc, bleu foncé ou, le plus souvent, noir.   

Hakama, couleur et niveau

O Sensei était clair : tout le monde pouvait porter l'hakama.

Comme il coûtait  relativement cher son port n'était pas obligatoire en début de pratique de l'aikido.

Certains élèves se confectionnaient leur propre hakama qui pouvait avoir une couleur curieuse.

Voilà pourquoi le port et la couleur de l'hakama n'attestaient pas d'un niveau. Il semblerait que le port du hakama à partir d'un certain niveau soit de la "faute" de Tamura sensei. Chargé de cours dans les universités, il a constaté que les étudiants désargentés avaient des difficultés pour s'offrir un hakama. Il a alors demandé à Kisshomaru sensei de laisser la possibilité de n'acheter le hakama qu'à partir de la seconde année de pratique (souvent 2ème kyu). L'habitude s'est répandue.

Arrivé en France, maître Tamura voulait que tous les élèves portent le hakama mais des professeurs pensaient que porter le hakama était une motivation qui poussait les élèves à poursuivre les cours. Pour se présenter au 1er dan les élèves portaient un hakama blanc avec maître Mochizuki (aikido yoseikan). A l'opposé, Noro sensei portait un hakama blanc, comme un débutant, symbole d'humilité.    

Actuellement le port de l'hakama est autorisé par le professeur. Selon les dojos et écoles il peut être porté dès le premier cours ou à partir d'un niveau situé entre 3ème kyu et 1ère dan, large fourchette.    

D'autres dojos et écoles jouent sur la couleur du hakama, blanc pour débuter, noir ou bleu foncé ensuite.

D'autre enfin, comme la nôtre, n'autorise le port qu'a partir de Shodan, pour éviter de travailler d'un niveau trop élevé sur des élèves qui seraient en réalité Kyu sans que cela ne se voie à cause justement de l'Hakama.   

Enfin le port du hakama est souvent lié à un engagement dans l'aikido, rare est le professeur qui autorise son port en se basant uniquement sur un niveau.   

Les plis du hakama
 

A priori les vertus symbolisées par les plis du hakama serait liées à une symbolique bouddhiste.    

Chaque pli représenterait une vertu. Il n'existe pas de hiérarchie entre ces vertus.    

Les 7 vertus sont plus que 7 et ne sont pas les mêmes !

A priori les vertus considérées dans les divers arts martiaux dont la tenue comporte un hakama ne sont pas les mêmes d'un art martial à l'autre ?    

  • Chi - Connaissance, sagesse
  • Chu, chugi - Fidélité, loyauté. Chugi : chu + gi
  • Gi - Devoir, droiture, honneur, obligation morale
  • Jin - Bienveillance, bonté, compassion, humanité
  • Koh - Piété
  • Makoto - Pureté, sincérité
  • Rei - Courtoisie, étiquette
  • Shin - Confiance, foi, pureté, vérité
  • Yu, yuki - Courage

Tamura sensei disait n'avoir jamais entendu O Senseï parler des plis du hakama et de leurs sympboliques.

 

Le titre de SHIHAN

- Quelques explications sur le titre de Shihan, suite a de nombreux abus de celui-ci dans le domaine de l'Aikido

Comme vous le savez, plusieurs titre d'enseignants sont accessibles suivant le grade CN porté en Aikido, via notre fédération Awam ainsi que notre école Shobukai, ces titres ne se réclament pas, il sont en général attribué sur demande d'un plus haut gradé, après observation sur tatamis, de nos capacités a transmettre ce savoir.

Le terme Senseï, qui en Japonais signifie ''professeur'', est utilisé comme une marque de respect vis-à-vis de celui qui enseigne, et pas seulement dans les Arts Martiaux, mais également dans beaucoup de situation de la vie courante.

On trouvera ainsi au Japon, un instituteur qui sera Senseï de même qu'un professeur de musique, un médecin ou encore une personnalité, cette appellation en Aikido n'est donc pas un titre décerné d'enseignant.

Shihan, n'est pas non plus un titre, mais bien une distinction, c'est même le grade d'instructeur le plus élevé dans le domaine des Arts Martiaux, son sens étymologique veut dire ''modèle''.

Jusqu'en 2003 en, Aikido, et certainement en raison du petit nombre de hauts gradés, l'attribution de cette qualification n'était pas claire, c'est pourquoi on appelait Shihan, en  général, les experts de l'Aikikaï ainsi que les anciens Ushi-Deshi résidant à l'étranger.

A la suite d'une polémique aui avait fait s'interroger dans la publication Aikido Today Magazine, les plus éminents Senseï résidants aux Etats-Unis, qui reconnaissaient unanimement que cette distinction était floue, l'Aikikaï de Tokyo a décidé en 2003 de créer un diplôme de Shihan, directement décerné, et donc son contrôle, par le Doshu.

Ce diplôme a été décerné en 2003 a seulement 7 Senseï non-Japonais :

Tissier C. (France) - Hermansson J. (Suisse) - Nadeau R. (USA) - Witt B. (USA) - E.Cottier K. (Angleterre) - Doran F. (USA) et C.N.Lee P. (Chine)

Tous ayant été auparavant des Ushi-Deshi durant plusieurs années.

Depuis, plusieurs autre Senseï se sont vu décerné ce titre, mais cela reste très rare de nos jours.

En Belgique, seul Mtr Leclerre D. porte le titre de Shihan depuis 2008, il est également le premier a le recevoir chez nous

 

Les systèmes de grades et de titres MENKYO

La graduation Menkyo est un ancien système Japonais de certificat de transmission, datant du 16èm siècle.

Le terme ''Menkyo'' signifie permission, ce système toujours d'actualité et surtout utilisé dans les écoles (ryu), se compose de 5 niveaux,

Menkyo Shoden Mokuroku : Niveau basic pour minimum 3 disciplines, dont le titulaire est au moins 3èm Dan dans l'une des discipline et compte un total de 5 Dan pour les trois.

Menkyo Shuden Mokuroku : Niveau moyen pour minimum 4 disciplines dont le titulaire est au moins 4èm Dan dans l'une des disciplines et compte un total de 10 Dan pour les quatres.

Menkyo Joden Mokuroku : Niveau élevé pour minimum 5 disciplines dont le titulaire est au moins 5èm Dan dans l'une des disciplines et compte un total de 15 Dan pour les cinq.

Menkyo Okuden Mokuroku : Niveau instructeur pour minimum 6 disciplines dont le titulaire est au moins 6èm Dan dans l'une des disciplines et compte un total de 20 Dan pour les six.

Menkyo Kaiden : Grand instructeur.

Ce système de gradation est donc utilisé pour les pratiquants qui cumulent plusieurs disciplines, toujours dans l'ancien système lorsque le pratiquant ne développe qu'une seule discipline, les gradations sont les suivantes :

Ko fuku Shidoin : jeune assistant instructeur

Fuku Shidoin : assistant instructeur

Shidoin : instructeur

Shihan : Maitre instructeur

Dai Shihan : grand instructeur

Par Ailleurs, ces titres ne s'obtiennent pas automatiquement avec les ceintures, ce n'est donc pas parcque que vous avez X Dan que vous obtenez les titres d'enseignants, ceux-ci sont normalement liés à vos capacité pédagogique de transmission mais également à votre études des Okuden au sein de votre école et/ou club.

De nos jours, dans beaucoup de disciplines, certains titres sont attribués en même temps que certaines ceintures, et bon nombre de ''porteurs'' de ces titres, ne savent même pas le sens réel de leur signification !!!

Chez nous, au Kokyu, les titres d'enseignant ne sont pas délivrés avec les ceintures, mais attribués en fonction des réelles capacités pédagogique de chacun, pour se voir attribué un titre de style Menkyo, vous devez aussi être affilié à une école développant cet ancienne graduation, comme certains chez nous le sont au Shobukai ryu.

Cependant des titres d'enseignant sont aussi délivrés par l'Awam en ce sens.

Quelques définitions de titres que vous pourriez rencontrés lors de vos stages :

Sensei : professeur, personne respectée possédant un savoir.

Waka sensei : petit professeur, héritier.

Ushi Deshi : disciples internes (ce que vous êtes tous au kokyu)

Renshi : maitrise extérieure

Kyoshi : maîtrise intérieure

Hanshi : Maîtrise extérieure et intérieure unifiées

Shihan : Maître, modèle

Meijin : grand homme accomplis

Tashi : expert

Soke : fondateur, héritier, chef de famille, de l'école.